Le dernier vétéran congolais de la Force publique souhaite une aide de la Belgique

le dernier vétéran congolais de la force publique souhaite une aide de la belgique 628c3264e3bf1.jpeg
le dernier vétéran congolais de la force publique souhaite une aide de la belgique 628c3264e3bf1.jpeg

Un ancien combattant congolais centenaire, qui a servi dans la Force publique – l’armée du Congo belge du temps de la colonisation -, l’ex-caporal Albert Kunyuku Ngoma a regretté que la Belgique n’en fasse pas davantage pour les soldats ayant servi sous son drapeau, en particulier durant la Seconde Guerre mondiale, a rapporté vendredi la radio onusienne Okapi. Enrôlé de force à l’âge de 18 ans à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) alors qu’il est élève mécanicien, ce vétéran a célébré vendredi son centième anniversaire à Kinshasa. Il est le dernier ancien combattant congolais de la guerre 1939-1945 encore en vie et préside l’Association des anciens combattants. 

Il a dit au micro de Radio Okapi, parrainée par l’ONU, regretter que la puissance coloniale (la Belgique) n’ait à ce jour pas « primé » les soldats congolais qui ont combattu lors de la Seconde Guerre mondiale au sein du corps expéditionnaire belge.

« A la fin de la guerre (alors que son unité avait été déployée en Birmanie aux côtés des alliés, ndlr), on nous a donné un repos d’un mois, après nous sommes revenus au Congo. Les Belges nous ont bien accueillis à notre retour mais ils ne nous ont pas pris en charge. Les autres (les blancs) ont reçu des primes de guerre mais pas nous, jusqu’à ce jour », a déploré cet ancien combattant, coutumier de tels propos.

Le caporal Kunyuku a rappelé qu’il avait perdu nombre de ses compagnons d’armes durant ce conflit. « La guerre n’est pas une bonne chose. Nous étions 25.000 lorsque nous sommes partis à la guerre mais très peu sont revenus au pays », a-t-il ajouté. 

L’ancien soldat, qui porte encore volontiers son uniforme kaki datant de l’époque coloniale orné de quatre médailles, des bottes noires bien cirées et un béret, est le héros du film documentaire « L’ombre des oubliés » du réalisateur congolais, José-Adolphe Voto, sorti en 2018. 

Il a reçu en 2015 une médaille décernée par la Russie et une attestation signée par le président russe Vladimir Poutine à l’occasion du 70e anniversaire de la victoire des alliés durant le second conflit mondial.

Il avait été en 1943 l’un des éléments de la Force publique (FP) envoyés pendant la Seconde Guerre mondiale à Alger, en Palestine et en Ethiopie – où l’armée du Congo a remporté des victoires contre les troupes italiennes lors des batailles d’Assossa, de Gambela et de Saio en 1941. De 1944 à 1945, un hôpital de campagne de la FP de 370 hommes (le 10th Belgian Congo Casualty Clearing Station) fut envoyé en Inde puis en Birmanie en soutien aux troupes britanniques combattant les Japonais. Fin septembre 1944, encerclés par les troupes nipponnes à Yazagio dans la vallée de Kabaw, les soldats de la FP furent la seule unité belge qui dut se battre contre des Japonais.

De source belge, on répond aux demandes répétées des anciens combattants que « le problème est réglé depuis 1976-1977 ».

La Belgique et son ancienne colonie – le Zaïre à l’époque – ont en effet conclu à cette époque un accord annulant des dettes réciproques entre États et confiant à Kinshasa le soin de payer désormais les retraites à ses vétérans et anciens membres de la Force publique. Mais le régime du maréchal Mobutu Sese Seko s’est accaparé ces fonds et n’a pratiquement jamais rien versé. Actuellement, certains anciens combattants ne perçoivent qu’environ l’équivalent d’un euro par mois, soit moins que les frais de transport en commun pour aller toucher cette somme.

Que pensez-vous de cet article?

Total
0
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :