Le marché de l’art contemporain africain en pleine évolution

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L’art contemporain africain est à la mode et se vend bien. Comme en témoigne le succès des artistes venus du continent, la semaine dernière à Art Paris, grande foire internationale d’art contemporain dans la capitale française. Pour autant, le marché africain se structure-t-il suffisamment ? En la matière, les choses commencent à évoluer.

Depuis quelques années, les artistes africains envahissent les expositions et les foires d’art contemporain du monde entier. Mais ils ne sont pas encore prophètes en leur continent. Le marché africain compte toujours trop peu de fondations d’art, de galeries ou de musées. Et l’on a pu le constater à « Art Paris », la grande foire qui a refermé ses portes dimanche dernier.

Pour Flavie Dannonay, chercheuse dans le domaine de l’art contemporain africain, « cette année on remarque qu’il y avait beaucoup d’artistes originaires du continent africain, mais très peu de galeries basées en Afrique. C’était surtout des galeries françaises ou américaines qui présentaient des artistes africains. »

Des pays « locomotive » pour structurer le marché de l’art africain

Pourtant, les choses bougent depuis une dizaine d’années. Des pays faisant office de locomotives, comme l’Afrique du Sud, structurent le marché, essentiellement grâce aux initiatives privées.

« L’Afrique du Sud effectivement est un acteur fondamental du marché qui a été un peu affaibli en ces temps de Covid-19. Mais qui est quand même toujours actif. Par exemple, nous participons à partir de ce mercredi à la foire “Cap-Town art fair online”. Et à côté de ces acteurs, nous voyons que la cartographie commence à être de plus en plus diversifiée », détaille Véronique Rieffel, qui dirige en Côte d’Ivoire une jeune galerie d’art contemporain.

La principale caractéristique du marché de l’art contemporain en Afrique, c’est d’être dominé par les acteurs privés. Peu d’États africains disposent d’une politique publique en la matière. Pourtant, comme le rappelle Flavie Dannonay, l’art contemporain est une activité économique à part entière.

« Il y a un intérêt économique certain, puisqu’il y a des retombées économiques directes, à travers les emplois et les activités que cela génère, et aussi indirectes au travers du rayonnement, de l’image et de l’attractivité que cela procure pour le pays. Ensuite, il y a les retombées dues au tourisme », dit-elle. 

Le regard de l’Occident complémentaire

En attendant que les mentalités évoluent, le marché de l’art en Afrique a encore besoin des Occidentaux, ce qui pèse aussi sur les propositions artistiques, comme l’explique Véronique Rieffel.

Il y a encore ce regard prescripteur de l’Occident. Je le vois à mon niveau, c’est-à-dire que j’ai besoin de faire des foires comme Art Paris, en plus des foires que je peux faire sur le continent pour que les artistes soient reconnus dans leur propre pays. Mais je pense que c’est en train de changer. Il y a de plus en plus de foires qui se font sur le continent. Des pays comme le Nigeria commencent vraiment à devenir prescripteurs en matière d’achat d’oeuvres d’art avec de grandes collections. Et cela va s’équilibrer, bien que cet équilibre ne soit pas encore obtenu.  

Tout l’enjeu de la structuration du marché de l’art en Afrique est donc de pouvoir s’émanciper de la prescription occidentale, qu’elle soit artistique ou économique. 

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