Le roi des Belges présente ses « regrets » pour les « blessures du passé » au Congo

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Philippe, le roi des Belges, à Anvers, le 27 avril.

Le chef de l’Etat belge, le roi Philippe, a fait un geste très attendu par les Congolais et l’importante communauté noire de Belgique, mardi 30 juin. Dans une lettre adressée au président Félix Tshisekedi à l’occasion du 60anniversaire de l’indépendance du Congo, le roi a exprimé ses « plus profonds regrets pour les blessures du passé », celui d’une colonisation marquée par des atrocités commises contre les populations locales. A la fois durant la période coloniale, qui s’est étalée de 1908 à 1960, et à l’époque de l’Etat indépendant du Congo, quand Léopold II possédait, à titre personnel, l’immense territoire africain.

D’après les historiens, l’entreprise coloniale belge se serait soldée par la mort de plusieurs millions de personnes. La lettre du roi Philippe évoque « les violences, les souffrances, les humiliations » qui ont accompagné ce colonialisme, mais aussi ses conséquences. A savoir « la douleur aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés ». Une allusion claire à la mobilisation du mouvement Black Lives Matter et aux manifestations qui se sont déroulées récemment dans plusieurs villes du royaume.

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Le mouvement, qui s’est cristallisé autour des discriminations contre les Afro-Belges, le racisme, les violences policières, a également ciblé le silence des autorités et de la monarchie sur le passé colonial. Un débat récurrent qui a pris, cette fois, une tournure particulière en s’attaquant aux symboles les plus visibles de cette période, comme les statues de Léopold II.

Un pays violenté

Celui que certains manuels d’histoire présentent encore comme un « roi conquérant », avait été qualifié de « civilisateur » par Baudouin Ier, dans un discours prononcé à Léopoldville – devenue Kinshasa – le 30 juin 1960, jour de l’indépendance. A l’époque, le chef de l’Etat belge, oncle du souverain actuel, avait évoqué la « grande œuvre » et le « génie » de son ancêtre. Un panégyrique auquel Patrice Lumumba, fondateur du Mouvement national congolais, avait répondu par une diatribe cinglante. Celui qui allait devenir un héros et un martyr de l’anticolonialisme avait décrit, devant des représentants belges consternés, un pays violenté et vidé de ses richesses.

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