Législatives au Sénégal: les tractations commencent, 3 députés au centre du jeu

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                Les législatives à peine terminées, le jeu des alliances politiques commence au Sénégal. D'après les résultats provisoires publiés jeudi 4 août, les deux principales coalitions sont au coude à coude et aucun de ces camps n'obtient donc la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Le jeu des négociations va donc s'ouvrir et tous les regards sont tournés vers 3 députés, qui ne viennent ni de Beno Bokk Yakaar ni de Yewi Askan Wi. Ces 3 figures pourraient bien avoir le rôle de faiseurs de roi.                </p><div readability="82.861909650924">

                <p>Voilà trois députés qui ne s'attendaient sans doute pas à être au cœur de la politique. Thierno Alassane Sall d'Alternative pour une Assemblée de rupture, Pape Djibril Fall de Serviteurs et Pape Diop de Bokk Gis Gis.

Ces trois députés, pourtant isolés, peuvent en effet faire basculer la majorité absolue de la nouvelle Assemblée nationale : Macky Sall a donc besoin d’une voix, l’opposition de trois. S’ils se sont affichés comme des opposants au chef de l’État durant la campagne, rien n’est néanmoins figé dans un pays où la transhumance électorale est récurrente. 

Thierno Alassane Sall, intime et ex-ministre de l’Énergie de Macky Sall a pris ses distances avec le président en 2017. L’ancien maire de Dakar, Pape Diop, également, en 2018, il déclarait : « Macky Sall gouverne comme un despote ». Issu de la nouvelle génération, le journaliste Pape Djibril Fall fait lui son entrée en politique. 

Mais ces trois députés, qui ont donc pris leur distance avec le chef de l’État, ne sont pas non plus en bon terme avec le leader de l’opposition Ousmane Sonko qui les a accusés en fin de campagne de « travailler pour Macky Sall ». 

À lire aussi : Législatives au Sénégal: pouvoir et opposition au coude-à-coude

Le verdict des urnes rebat donc les cartes sur l’échiquier politique sénégalais avec une opposition qui se hisse à hauteur du pouvoir. Et le jeu des alliances ne s’est pas fait attendre. Du côté de l’opposition, Lamine Thiam – le mandataire national de Wallu Sénégal – a été clair : ces coalitions ont battu campagne sur les mêmes thèmes qu’eux. « Nous les appelons donc à se constituer avec nous pour être ensemble majoritaire à l’Assemblée nationale », a-t-il déclaré en leur tendant la main.


Nous invitons l’opposition à se renforcer son unité, c’est déjà acquis au niveau de la coalition Wallu/Yewwi. Nous avons trois autres coalitions qui sont victorieuses, qui ont des députés. Ces coalitions ont bâti leur campagne sur les mêmes thèmes que Wallu/Yewwi, c’est pourquoi nous les appelons à se constituer avec la grande majorité de Wallu/Yewwi.

Lamine Thiam, mandataire nationale de Wallu Sénégal

Des discussions sont en tout cas en cours au sein des coalitions de ces trois députés pour établir la marche à suivre et répondre aux mains tendues. Thierno Bocoum, porte-parole d’Alternative pour une Assemblée de rupture de Thierno Alassane Sall, explique qu’aucune décision définitive n’a été prise pour le moment. « Nous sommes de l’opposition et nous ne rejoindrons pas le camp de Macky Sall. Mais cela ne signifie pas que nous ferons une alliance avec les autres coalitions », précise-t-il. Ces négociations politiques pourraient durer : la nouvelle Assemblée ne sera installée qu’en septembre prochain.

Quelle analyse faire du résultat de ces législatives où la coalition du président Macky Sall l’emporte d’une très courte tête avec 82 sièges sur les 165 que compte l’Assemblée nationale ? Il s’agit pour le moins d’une grosse déception pour le pouvoir, estime Mamadou Lamine Sarr, enseignant chercheur en sciences politiques à l’université virtuelle du Sénégal.


Il y a un tournant, un message de la population. (…) Beaucoup de sénégalais se sentent déçus, parfois trahis par la classe politique actuelle et notamment ceux du pouvoir. Et donc à mon avis ont lancé un message par rapport à la gestion et gouvernance du pays, pour dire aux gens “il faut que vous gouverniez ensemble”.

Mamadou Lamine Sarr, enseignant chercheur en sciences politiques à l’université virtuelle du Sénégal

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