Les groupes armés centrafricains sont-ils en train de changer de mode opératoire?

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                En Centrafrique, les attaques à l'aide de mines se sont multipliées dans le pays en 2021. Les groupes armés, notamment le 3R, repoussés des grandes agglomérations, ont recours à des techniques de guérilla.                </p><div readability="83.089192025184">

                <p>Ces groupes armés qui sévissent en Centrafrique posent, de plus en plus, des engins explosifs improvisés le long des axes routiers pour contrer les forces progouvernementales. Trois casques bleus bangladais ont été blessés, vendredi 31 décembre, lors d'une explosion sur l'axe Bouar-Bocaranga, à près de 500 kilomètres de la capitale Bangui. La veille, trois soldats de la paix tanzaniens avaient également été blessés, dont un grièvement, dans l'explosion d'un autre engin explosif dans l'ouest du pays.

Joint par RFI, Hans de Marie Heungoup, politologue à l’International Crisis Group, estime que l’utilisation des mines par les rebelles du 3R est un changement tactique indéniable sur le long terme.

 « On n’a pas vu ce groupe recourir à de tels procédés les années précédentes. Il y a deux façons d’analyser cette évolution tactique du mouvement 3R. Soit cela traduit la disproportion de forces, avec les forces paramilitaires russes et les forces armées centrafricaines, qui probablement pourraient être en effectifs et en matériel militaire plus important que les 3R et donc les 3R auraient recours à ce moyen asymétrique pour essayer de niveler ce différentiel de puissance, a priori. Soit cela ne traduirait pas un affaiblissement, mais plutôt une manœuvre des 3R pour, désormais, mener la guerre par des tactiques de harcèlement, par des manœuvres visant à empêcher l’accès aux forces russes et aux forces armées centrafricaines aux zones qui sont sous leur domination et également par des manœuvres visant à saper le moral des troupes centrafricaines et des paramilitaires russes. »

Les civils, principales victimes

Hans de Marie Heungoup, politologue à l’International Crisis Group, met également l’accent sur les populations civiles qui, selon lui, sont les grands perdants de ce changement tactique de la part des rebelles du 3R.

« Jusqu’à présent, s’il est vrai que ces engins explosifs improvisés (EEI) ont causé des dégâts matériels et des morts parmi les forces de Wagner ainsi que les Forces armées centrafricaines (FACA), ceux qui en payent le prix le plus élevé sont les citoyens centrafricains qui, par dizaines, sont déjà morts du fait des explosions des EEI, ainsi que les acteurs humanitaires. On voit souvent des convois, des camions ou encore des pickups des agences humanitaires qui ont été détruits par les EEI avec des pertes en vies humaines et des pertes de matériel. Tout cela a des conséquences sur la capacité du système international et du système des Nations unies à délivrer de l’aide humanitaire dans cette zone-là. »

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