Les potentiels glissements de terrain dans le rift du Kivu sont liés à la déforestation

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Le risque de glissements de terrain mortels dans le rift du Kivu (région densément peuplée du Burundi, du Rwanda et de l’est du Congo) serait lié à la déforestation et à la croissance démographique. Ce sont les conclusions que sont parvenus à tirer des chercheurs de la KU Leuven, du Musée royal de l’Afrique centrale et de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Leur étude a été publiée dans la revue scientifique Nature Sustainability. Depuis longtemps, les scientifiques supposent que l’évolution de la population et les changements d’utilisation des sols qui y sont associés peuvent être à l’origine d’un glissement de terrain. La forte croissance démographique des dernières décennies, la demande croissante de nourriture et le développement des activités économiques incitent la population à s’installer dans des zones plus pentues et donc sujettes aux glissements de terrain. La déforestation dégrade les structures racinaires du sol, ce qui le rend moins stable et augmente également le risque de glissement de terrain. Pour la première fois, des preuves tangibles ont été fournies pour étayer cette hypothèse.

« Nous avons modélisé la population, la déforestation et les glissements de terrain : nous mesurons les changements dans la couverture forestière et les tendances démographiques, ainsi que leur impact sur le risque de glissements de terrain mortels », explique le géographe Arthur Depicker (KU Leuven, MRAC). « Et ceci sur pas moins de six décennies. »

Au total, les chercheurs ont analysé plus de 2.000 photos aériennes. Cette collection a permis d’étudier l’utilisation des terres et la déforestation (ou la reforestation) de la fin des années 1950 jusqu’à 2016, soit une période beaucoup plus longue que ne le permettraient les seules images satellites.

« Cela nous a permis de démontrer que la déforestation dans cette zone est souvent liée à l’agriculture à petite échelle, mais aussi indirectement à l’exploitation minière de sols riches en minéraux. La déforestation est donc un facteur important pour les glissements de terrain. La littérature scientifique suggère que l’impact de ces changements drastiques dans la couverture forestière est bien plus important que celui du changement climatique », déclare Arthur Depicker.

« Nous nous attendons à ce qu’il y ait le plus de victimes dans les endroits montagneux où les gens sont obligés de vivre, par exemple pour produire de la nourriture », explique le géographe. « Cela peut être aussi en raison de conflits ou d’activités économiques comme l’exploitation minière artisanale. C’est précisément dans ces endroits que les glissements de terrain sont le plus susceptibles de se produire. »

« Enfin, nos recherches montrent comment le risque de glissement de terrain n’est pas statique, mais évolue dans le temps » conclut Arnaud Depicker. « Pour comprendre le danger auquel la population est exposée aujourd’hui, nous ne pouvons ignorer l’héritage historique de la déforestation et des changements sociaux ».

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