Libye: de nouvelles consultations au Caire pour une sortie de la crise politique

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                Pour la troisième journée consécutive, les consultations pour la détermination d'une base juridique devant servir à la tenue des élections en Libye se poursuivent mardi 14 juin au Caire. Ces discussions, avec les membres de la commission libyenne mixte composée de la Chambre des représentants et du Haut-conseil d'État, une institution consultative, se suivent sous l’égide de l’ONU.                </p><div readability="86.391525963683">

                <p>Lancée dimanche sous l'auspice de l'ONU, ce <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220502-libye-l-un-des-premiers-ministres-fathi-bachagha-lance-un-appel-au-dialogue" target="_self" rel="noopener">troisième cycle des discussions</a></strong> devrait durer une semaine. Pour les Libyens, ces discussions semblent être la dernière chance qui pourrait conduire aux élections. La conseillère spéciale du secrétaire général de l’ONU a exhorté à l’ouverture de ces discussions les rivaux libyens à établir un cadre constitutionnel. Elle a considéré qu'un « <em>progrès notable</em> » a été réalisé au Caire lors de deux premiers cycles de ses discussions.

Cet optimisme affiché par l’ONU, la majorité des libyens ne le partage pas. Ils semblent plutôt réticents et même craintifs quant à l’issue de ce troisième et dernier cycle des discussions au Caire.

Un tiers des points du texte juridique proposé font encore l’objet de tensions, notamment les conditions à remplir pour être candidat à la présidentielle, ainsi que la définition du rôle et des pouvoirs du président de la Libye.

Des désaccords qui empêchent les protagonistes de parvenir à un compromis. Ces mêmes dissensions persistant depuis des années ont d’ailleurs empêché la tenue des élections prévues en décembre dernier.

Moment critique

Beaucoup de libyens épuisés par 11 années de divisions, de conflits et de dysfonctionnement de l’État, sont aussi conscients que le pouvoir en place ne veut pas réellement de ces élections, et que la classe politique s’accroche au pouvoir. Cela comme l’avait notifié, à plusieurs reprises, des rapports de l’ONU. Cette classe politique ne facilite pas non plus l’organisation des élections malgré sa bonne volonté affichée, affirment plusieurs spécialistes.

Ce dernier cycle de discussions au Caire intervient donc, à un moment critique pour la Libye, déchiré entre deux gouvernements qui se disputent la légalité et le pouvoir. Un échec des discussions du Caire pourrait être fatal et conduire à de nouveaux conflits militaires.

Le gouvernement à Tripoli dans l’illégalité après le 21 juin

De plus, le temps presse. L’accord politique de 2020 à Genève avait établi avec l’ONU un calendrier et une feuille de route pour sortir de la période de transition. Ce calendrier s’arrête le 21 juin, en mettant fin à la période de transition. Les institutions installées à Tripoli deviendront alors illégales.

Autre difficulté : la mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) arrive à échéance fin juin. En janvier dernier, cette mission n’a été prolongé que de six mois, au lieu d’un an, faute d’entente au sein des Nations-Unies.

La Russie exige d’avoir un envoyé spécial attitré en Libye à la place de l’américaine Stéphanie Williams. Celle-ci a été envoyée dans ce pays en tant que conseillère du secrétaire général de l’ONU. Personne n’a encore été nommé pour le moment, ce qui risque de rajouter des complications à ce conflit du aux divisions au sein du Conseil de sécurité.

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