Libye : Paris, Rome et Berlin appellent à la fin de « toutes les ingérences » étrangères

L’Union européenne peine à peser sur l’escalade du conflit libyen. Pour autant, Paris, Rome et Berlin ont appelé à la fin de « toutes les ingérences » d’acteurs étrangers en Libye, dans un communiqué commun diffusé jeudi 25 juin au soir. Ils les « exhortent également (…) à respecter pleinement l’embargo sur les armes établi par le Conseil de sécurité des Nations unies ».

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« Face au risque croissant de dégradation de la situation en Libye et d’escalade régionale, la France, l’Allemagne et l’Italie appellent toutes les parties libyennes à cesser immédiatement et sans condition les combats et à suspendre le renforcement en cours des moyens militaires à travers le pays », soulignent ces trois pays européens.

Mercredi, le ministre italien des affaires étrangères, Luigi Di Maio, en visite à Tripoli, et le chef du gouvernement d’accord national (GAN), Faïez Sarraj, avaient déjà appelé à la fin des interventions étrangères dans ce pays.

La France accusée par Ankara d’appuyer le maréchal Haftar

La Libye est minée par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux autorités rivales se disputent le pouvoir depuis 2015 : le GAN de M. Sarraj, établi en vertu d’un accord parrainé par l’ONU et ayant son siège à Tripoli (ouest), et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar dans l’Est.

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La Russie soutient, avec notamment l’Egypte et les Emirats arabes unis, les forces du maréchal Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye, face à celles du gouvernement d’accord national, reconnu par les Nations unies (ONU), qui est militairement soutenu par la Turquie.

Paris, Berlin et Rome « encouragent la conclusion rapide des négociations » entre les deux camps libyens sous l’égide des Nations unies « pour permettre la signature d’un accord de cessez-le-feu durable et crédible ». « Il s’agit d’un élément essentiel pour créer les conditions nécessaires à la reprise effective du dialogue politique interlibyen, qui permettra une résolution pérenne du conflit. Tous les efforts en ce sens, y compris l’initiative égyptienne annoncée le 6 juin, doivent être encouragés », ajoutent-ils.

La France, bien qu’elle s’en défende publiquement, est accusée par Ankara et nombre d’analystes d’appuyer le maréchal Haftar. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé lundi le « jeu dangereux » de la Turquie en Libye dans lequel il voit une nouvelle démonstration de la « mort cérébrale » de l’OTAN.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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