Madagascar: à Belo-sur-Mer la culture des algues, une activité lucrative pour ses habitants [2/3]

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                Elles peuvent être jaunes, vertes, rouges, rutilantes au soleil, toujours très visqueuses et dotées d’une incroyable capacité à proliférer. Elles, ce sont les algues cotoni. À Madagascar, on les cultive pour une substance gélifiante et épaississante qu’elles renferment, prisée des industries agroalimentaires et cosmétiques. La production, destinée à 100% à l’export, est réalisée par une multitude de fermiers des mers.                 </p><div readability="103.45929847783">

                <p><em>De notre correspondante à Antananarivo,</em>

« Tu vois là, je les lave, je les brosse, je les bichonne mes algues. » Le soleil est au zénith. La marée est basse. De l’eau jusqu’à la taille, Yvette inspecte une à une ses « lignes », des cordes sur lesquelles poussent les algues. À 34 ans, cette mère de famille est heureuse de ce nouveau métier, démarré il y a tout juste deux ans. « Avant, je cherchais les concombres de mer. Mais bon, désormais, il n’y en a plus. On a épuisé la ressource. Alors je me suis lancée dans la culture d’algues. C’est facile de cultiver, les algues. »

Yvette a été formée par Ocean Farmers, une entreprise malgache, spécialisée dans ce type de culture. Ce sont eux qui lui ont donné le matériel pour lancer son activité : des lignes de culture, des boutures, des séchoirs et des tables de triage. « Il faut que mes algues et mes flotteurs soient propres. J’enlève les impuretés, les petites algues qui viennent se coller aux miennes. Sinon, elles risquent d’attraper des parasites et de tomber malades. Je viens les laver tous les jours, tous les jours. »

En démarrant ce métier, relativement récents sur l’île, les fermiers de la zone, conquis par cette activité, ont tous passé un contrat avec Ocean Farmers. Ils s’engagent à respecter un cahier des charges, à utiliser du matériel durable, à veiller sur leur récolte pour éviter la propagation des maladies. En échange de quoi l’entreprise s’engage à leur acheter l’intégralité de leur récolte, à un prix fixe, 1 000 ariarys le kilo (24 centimes d’euros), et ce, quel que soit la fluctuation du cours mondial de l’algue.

De quoi ravir Nampy, le mari d’Yvette. « Je suis content de donner un coup de main à ma femme dans les algues. Parce que ça rapporte de l’argent. On peut gagner jusqu’à 300 000 ariary (71,40 euros) par mois ! »

Après 45 jours de culture, les algues sont ramassées, mises à sécher, triées puis envoyées à Tuléar, au sud de l’île, avant d’être exportées en France, en Normandie, dans une usine américaine spécialisée dans l’extraction du carraghénane, ce texturant très demandé par les industriels. « Là-bas, ils s’en servent pour fabriquer les dentifrices, et quoi d’autre déjà ? J’ai oublié ! Des bassines en plastique et plein d’autres choses en plastique, je crois. »

Le marché du carraghénane est en pleine expansion. Une bonne nouvelle pour la dizaine de sociétés malgaches qui opèrent dans ce secteur et leurs fermiers des mers. Mais pour que l’activité perdure dans le temps, le développement responsable de la filière et la préservation de l’environnement marin sont cruciaux.

► À lire aussi :   Madagascar: à Belo-sur-Mer, la tradition des boutres perdure [1/3]

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