Madagascar: à Belo-sur-Mer, la tradition des boutres perdure [1/3]

madagascar: à belo sur mer, la tradition des boutres perdure [1/3] 626f35e744ebb.jpeg
madagascar: à belo sur mer, la tradition des boutres perdure [1/3] 626f35e744ebb.jpeg

Publié le :

                À Madagascar, il est un lieu où les bateaux « poussent » dans les jardins. Une petite ville où construire son voilier est devenu presque banal mais où les habitants peuvent passer plus d’une décennie avant de pouvoir le mettre enfin à l’eau. Cet endroit, c’est Belo-sur-Mer et l’un des derniers endroits au monde où la construction de ces bateaux, des Goélettes pour être précis, s’est perpétuée.                </p><div readability="96.907194244604">

                <p>C'est une commune isolée sur la côte ouest de l’île, à moins d’une centaine de kilomètres au sud de Morondava. Depuis le milieu du XIXe siècle, date de l’installation d’une famille bretonne de charpentiers de marine, la bourgade côtière s’est approprié ce savoir-faire et a fait de cette activité sa renommée.

Dans son jardin, face à la mer, Thierry, transporteur de marchandises, manie la scie et le serre-joint. Il y a huit mois, il s’est lancé dans la construction d’une nouvelle goélette. Treize mètres, un grand pont, un mât. « Mon premier bateau, que vous voyez là-bas au mouillage, commence à se faire vieux ; celui-là, je l’avais fait faire. Donc je me suis dit qu’il fallait que j’en construise un autre, mais cette fois, j’ai décidé de le fabriquer moi-même. Personne ne m’a appris à construire une goélette, non. Mais j’ai observé les anciens faire. Tout ce que je peux faire seul, je le fais. Et quand je bloque, je demande des conseils à l’un des charpentiers de marine du village. »

À Belo-sur-Mer, une quarantaine de goélettes sont en construction à l’année. Des commandes passées par des armateurs, ou bien des réalisations à titre personnel. C’est le cas pour Doroté Doma, un transporteur de sel, dont le papa était charpentier. Le sexagénaire a fini de construire la sienne il y a quelques mois, dans la joie et les larmes. Un 60 tonnes baptisé Sacrifice, en souvenir des huit années qu’il a passées, sans aide aucune, sur son chantier.

« Oui, c’est une fierté, il faut une “dynamicité”, du courage, il y a des techniques à apprendre avec les anciens. Mais oui, chez nous, c’est comme un truc normal ce travail », affirme Doroté Doma. Pour lui, nul doute que ce savoir-faire se transmet encore sur plusieurs générations. « Il y a des jeunes qui s’intéressent à ce travail. Donc je crois que ça va continuer jusqu’à la fin. Ça va rester une tradition de Belo. »

Même son de cloche pour Thierry le novice, qui espère réussir à construire son bateau en deux ans. « Tous les habitants de Belo aiment les boutres. Ceux qui veulent en construire un peuvent le faire. Ces bateaux, c’est la base de notre vie ici ! »

Une tradition qui pourrait pourtant disparaître, du fait de la raréfaction de la matière première. Très gourmandes en bois, ces goélettes doivent aujourd’hui une grande partie de leur salut aux arrangements entre autorités et artisans, qui contournent les interdictions de coupes d’arbres instaurées dans les forêts alentour.

            </div>
Total
1
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :