Madagascar: manifestations du 13-Mai, les leaders des grèves se souviennent

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                Il y a 50 ans jour pour jour, le 13 mai, la Grande Île était en train de vivre l’une de ses plus grosses manifestations citoyennes, marquant ainsi un tournant dans l’histoire du pays. À Antananarivo, place de l’Hôtel de Ville, rebaptisée ensuite place du 13-Mai, plus de 200 000 personnes se réunissent pour réclamer la démocratisation de l’enseignement, la « malgachisation » du pays, mais également la libération et le retour des 375 étudiants déportés, le matin même, au bagne, sur une île à l’autre bout du pays.                </p><div readability="86.086691500169">

                <p><em>De notre correspondante à Antananarivo,</em>

Assis sur leur canapé dans la banlieue d’Antananarivo, ces deux copains d’enfance se remémorent l’ambiance joviale des manifestations estudiantines de Mai-72. « Il y avait beaucoup de banderoles, de pancartes, où l’on revendiquait la liberté, la démocratie, la “Sekoly tsy miangatra”, une école égalitaire pour tous, qui ne faisait pas de différence entre les élèves ni les couches sociales », dit le docteur Henri Ranaivoharisoa.

Médecin retraité de l’hôpital public HJRA, il était à l’époque le délégué général du Lycée Rabearivelo. Pour cet enfant de famille nombreuse et modeste, biberonné au militantisme, il était naturel de participer à cette révolution. « J’étais révolté que des élèves doués, qui avaient les mêmes connaissances que les autres, ne puissent pas avoir la chance d’être bacheliers ou étudiants à l’université, sous prétexte qu’ils venaient de la brousse, d’écoles qui n’étaient pas dotées en livres… », se souvient-il.

Pour une « malgachisation » du pays

Quant au docteur Noel Randrianaivojaona, médecin retraité du CHU de Majunga, il était, lui, en 1972, étudiant à la faculté de médecine d’Ankatso et président du Conseil permanent des étudiants. Le chef, en quelque sorte, de tous les délégués du secondaire et des universités de la capitale et alentours. « Ce 13 mai 1972, on était en réunion à 5h du matin, à Ankatso, pour préparer la grève du 13 mai, devant l’Hôtel de Ville, quand les forces de l’ordre sont arrivées pour nous déporter au bagne de Nosy Lava. C’était une décision gouvernementale », affirme-t-il.

Outre la démocratisation de l’enseignement, les étudiants réclament aussi la « malgachisation ».

On réclamait que les programmes des écoles primaires, secondaires ou universitaires, soient des programmes adaptés à Madagascar et non pas des programmes français. Par exemple, il faut savoir que je connaissais beaucoup plus Vercingétorix qu’Andrianampoinimerina, un roi très connu de chez nous, que j’étais capable de réciter des poèmes de Ronsard, Rabelais mais que j’ignorais tout ou presque de Jean-Jacques Rabearivelo. Avant 1972, tout était fait en français, du cours préparatoire à l’université. On a demandé donc que la langue d’enseignement soit en malgache.

Les grèves étudiantes de mai 1972 se propagent ensuite chez les fonctionnaires puis auprès de toutes les catégories socio-professionnelles. Elles marquent un tournant décisif dans l’histoire du pays et signent le départ du président Tsiranana, la fin des accords de coopération avec la France et pour beaucoup la vraie indépendance de Madagascar.

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