Madagascar: près de 50 000 clichés du célèbre photographe malgache Ramilijaona numérisés

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                Il est considéré comme le père de la photographie moderne à Madagascar. Ramilijaona, véritable maître de la lumière, a acquis ses lettres de noblesse en tirant le portrait de la haute-bourgeoisie de l’île, dans des décors et des mises en scène exceptionnelles pour l’époque. Aujourd’hui, son patrimoine, riche de plus de 50 000 plaques de verre - pour la plupart, jamais tirées - a été confié par ses descendants au musée de la photographie de Madagascar.                </p><div readability="113.62544802867">

                <p><em>De notre correspondante à Antananarivo, </em>

Depuis trois mois, l’équipe du musée s’est lancée dans un travail titanesque pour numériser, consigner et sauvegarder ce patrimoine en péril : « Là, tu vois, j’enlève les champignons et délicatement, je décape, tout doucement. »

À l’aide d’une lame de vitrier, Rindra Randriandimbimahazo, technicien de numérisation au Musée de la photographie, nettoie avec soin la plaque de verre nonagénaire qu’il s’apprête à référencer.

« Parfois, on a des attaques de champignons. Du coup, il faut directement stopper la maladie. C’est un travail hyper délicat. Cette plaque, elle date de janvier 1932. C’est le photographe Ramilijaona lui-même qui a écrit cette date dessus », explique-t-il.

La plaque de verre est ensuite conduite dans la chambre noire, pour être numérisée. « C’est une photo en noir et blanc, paysage, d’un plan pied, d’une jeune fille qui prend la pose d’une danseuse de ballet. Le processus de numérisation prend 20 minutes pour une plaque de verre. C’est un travail long, méticuleux, mais c’est très gratifiant d’être un acteur qui contribue à la valorisation du patrimoine photographique malgache. »

Un photographe autodidacte 

Et chaque jour qui passe révèle de nouvelles informations sur la manière de travailler du photographe. Dès 1920, son studio éponyme à Antananarivo, devient une véritable institution. Sa renommée internationale, il la conquiert en 1931, lorsqu’il gagne la médaille d’or en photographie, lors de l’exposition coloniale universelle. Travailleur insatiable, l’autodidacte photographie jusqu’à la veille de sa mort, en 1948.

« Une des découvertes qui m’a marqué, c’est les séries d’enfants. », souligne Rajo Randrianary, le second technicien de numérisation, lui-même photographe, qui s’émerveille des prouesses de Ramilijaona. « Il fait poser les enfants dans des mises en scène étonnantes. Il y a des poses un peu contorsionnistes. Ce qui est impressionnant, c’est la netteté des clichés. Rappelons-nous qu’à l’époque, le temps de pose était quand même entre 15 et 30 secondes ! précise le technicien. Ça veut dire qu’il demandait aux enfants de rester statiques tout ce temps. Et ça, c’est fou ! »

Précurseur de la retouche 

Mais la découverte sans doute la plus étonnante reste celle-ci : Ramilijaona était un précurseur dans la retouche et le traitement de l’image.

« On s’est rendu compte qu’il mettait des coups de crayon directement sur l’émulsion, c’est-à-dire sur la plaque de verre, pour effacer les rides, mais aussi pour blanchir la peau… et parfois même, il mettait des coups de crayon sur les attributs des sportifs, des boxeurs par exemple, pour mettre en valeur ces parties-là, je pense. Et ça on ne s’y attendait pas du tout ! »

Ce travail de numérisation devrait durer encore deux ans. En revanche, plus de 260 clichés totalement inédits ont déjà été sélectionnés et seront à découvrir au musée dès le 19 octobre prochain à l’occasion de la grosse exposition dédiée à l’iconique portraitiste malgache.

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