Madagascar: risques d’éboulements dans la haute-ville d’Antananarivo

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                Les fortes pluies de ces derniers jours et le passage d'une dépression tropicale devenue tempête ont fait 41 morts et un peu plus de 110 000 sinistrés à Madagascar. Et le danger plane toujours dans les quartiers de la haute-ville de la capitale malgache, sous la forme de rochers et de terrains meubles qui menacent de glisser.                </p><div readability="111.17215069146">

                <p><em>Avec notre correspondante à Antananarivo,</em> <strong>Laetitia Bezain</strong>

Malgré un temps sec ce mercredi, les risques de glissement de terrain et d’éboulements sont toujours présents sur les versants est et ouest de la colline de Manjakamiadana, alerte le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes, qui a demandé aux habitants de quitter les lieux.

Les habitants ne veulent pas laisser leur maison

Dans le quartier d’Ambanin’Ampamarinana, des glissement de terrain ont eu lieu à une cinquantaine de mètres des lavandières qui ont repris leur quotidien. Tiana, en train d’étendre son linge, a le regard fixé vers les rochers qui surplombent le quartier. « Il y a les pompiers qui enlèvent les pierres qui sont tombées et ils regardent celles qui sont menaçantes. Ça fait peur parce qu’en bas, il y a des maisons », constate-t-elle.

Malgré la peur et les drapeaux rouges qui signalent un danger imminent, de nombreux habitants prennent le risque de rester plutôt que de quitter leur foyer et leur travail, explique Willie, épicière : « Dans la nuit, des membres des forces de l’ordre sont venus et ils ont toqué chez tout le monde et ils ont dit : “Réveillez-vous ! Il faut partir, il y a un danger imminent !” Mais moi je ne suis pas partie parce qu’aller dans les centres d’hébergement, ce n’est pas une solution à long terme. Si on ne part pas, ce n’est pas parce qu’on est têtus comme l’État le pense. On sait qu’il y a un danger, mais c’est une grande perte d’argent pour nous de partir. »

Chaque année pendant la saison des pluies, les foyers de ces quartiers sont confrontés à ce dilemme, raconte Solofo, menuisier. « On n’a pas suivi l’ordre qui dit d’aller dans les centres parce que c’est tous les ans comme ça et il n’y a pas de vraies solutions. Il faut nous donner un autre endroit où habiter vraiment. Moi je travaille ici. Si je vais dans un centre pour sinistrés, où est-ce que je vais travailler ? Il y a des voleurs qui peuvent nous prendre ce qu’on a à la maison. Même si nous possédons peu de choses, pour nous, c’est important. »

Un peu plus de 1 600 toits sont menacés par des éboulements dans la haute-ville.

Des rochers de plusieurs tonnes

Changement de quartier. Dans l’école primaire de Mahamasina Sud, transformée en centre d’hébergement, la plupart des sinistrés viennent de la haute-ville, comme Juliana, habitante d’Ampamarinana

« Le mur de soutènement en bas de l’église s’est effondré. Les responsables de notre quartier sont venus avec des mégaphones pour nous dire de descendre et on est parti tout de suite. Je suis ici avec mes enfants mais mon mari est resté pour garder la maison, au cas où il y a des voleurs. Ici, on mange bien mais on est très nombreux et les salles sont petites. Il y a des maladies. On est tous malades depuis dimanche. On tousse et on a mal partout. »

340 sinistrés sont hébergés dans cette école mais nombreux sont les habitants qui ont refusé de quitter leur foyer, explique le chef du quartier d’Ankadilalana, Jean Chrisostome Rakotondrasoa : « C’est très difficile de convaincre les gens. Quand on est monté là-bas et qu’on leur a demandé de partir parce qu’il y avait un danger imminent, ils nous ont répondu “c’est vous qui allez surveiller notre maison avec tous nos biens ?” On leur expose tous les risques et ensuite c’est à eux de décider. »

Dans sa zone, plusieurs rochers menacent les habitations. « L’un de trois tonnes et un autre de plus de cinq tonnes représentent un grand danger. C’est ce qui m’inquiète le plus. S’il y a de la pluie orageuse, je me dis que ceux qui sont restés là-haut vont mourir. »

Même par temps sec, le danger n’est pas écarté dans la haute-ville. « Les formations argileuses qui se sont gonflées avec les pluies se rétractent avec l’ensoleillement, ce qui peut provoquer des mouvements de terrain », indique un expert du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes.

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