À bien des égards, ce déplacement sur le Rocher constituait une bonne mise en bouche pour le Paris Saint-Germain avant Leipzig, une montagne qui se dressera dans quatre jours sur son chemin. En défiant Monaco, les champions de France se frottaient à un adversaire crédible, déjà. Mais en rentrant dans les détails, ce rapport de force s’apparentait aussi à un vrai test tactique contre un adversaire entreprenant, bien que privé de son arme la plus dangereuse, Wissam Ben Yedder.

Thomas Tuchel devait lui aussi composer avec une infirmerie encore bien garnie, mais le technicien allemand a pu redonner du temps de jeu à ses deux superstars. C’était l’autre enjeu du jour. Après une entrée bénéfique en équipe de France, Kylian Mbappé était aligné d’entrée dans ce jardin de Louis-II, dont il connaît les moindres recoins. Neymar, lui, s’est contenté de grappiller une demi-heure en seconde période, ce qui n’est pas négligeable.

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir la bande à Tuchel imposer sa supériorité dans le jeu. Les Parisiens ont rapidement cherché à s’installer dans le camp monégasque pour prendre le contrôle des opérations. En face, l’ASM proposait un plan cohérent, avec un bon quadrillage pour fermer les espaces et piquer par à-coups après la récupération du ballon. Ce sont d’ailleurs les hommes de Kovac qui se sont procurés la première opportunité sur un coup-franc vicieux de Volland détourné par l’impeccable Navas (10e).

Mbappé avait montré la voie

Tout ce beau monde se reniflait à distance, finalement. Et dans cette configuration, la patience aura été la plus grande vertu des Parisiens. Tout juste a-t-il suffi que la machine Kylian Mbappé appuie sur l’interrupteur pour trouver la lumière. Le champion du monde s’est occupé de tout pour placer Paris sur les bons rails. C’est lui qui a exploité une ouverture de Di Maria pour aller conclure en solitaire après une accélération foudroyante – une de ses spéciales (0-1, 26e). Et c’est lui, encore, qui a transformé avec conviction un penalty obtenu par Rafinha (0-2, 37e).

07 Kylian Mbappe (psg) But

Paris gérait donc son affaire sans forcer à la pause. Et l’addition aurait même pu être plus salée si M. Turpin n’avait pas refusé deux buts – un à Moise Kean et un autre au même Mbappé – pour des positions de hors-jeu peu évidentes. Pour tenter de donner une réponse, Kovac a lancé Fabregas en seconde période. La présence du vétéran espagnol a permis au club de la Principauté de retrouver un peu de maîtrise dans son animation offensive.

Paris s’est écroulé

Les Monégasques se sont alors offerts un temps fort. Toujours aussi explosif, Navas a retardé l’échéance sur un coup de casque de Volland (50e), mais le portier costaricien a dû s’incliner sur une nouvelle tentative de l’Allemand, trop seul pour l’ajuster à bout portant (1-2, 52e). Pour les Parisiens, ce scénario pouvait être un mal pour un bien, quelque part. Poussés dans leurs retranchements, les hommes de Tuchel devaient activer un autre mode, plus besogneux, pour résister aux vagues monégasques. Mais en face, l’ASM n’a pas abdiqué. Et si les attaquants du club princier ont d’abord manqué de précision dans le dernier geste pour aller au bout de leurs intentions, l’intenable Volland a profité d’un moment de flottement dans la défense parisienne pour égaliser (2-2, 66e).

Les hommes de Thomas Tuchel ont alors perdu pied, avec un bloc une nouvelle fois coupé en deux, timoré entre ses penchants offensifs et la nécessité de ne pas lâcher le match. Le pire, c’est que les Monégasques n’ont même pas eu à forcer leur talent pour inscrire le but victorieux. Après une perte de balle dans sa surface, Diallo a concédé un penalty que Fabregas s’est chargé de transformé pour libérer les siens (3-2, 84e). L’affaire était réglée. Le club de la capitale stoppe sa série de victoires. Il va falloir se retrousser les manches pour le choc contre Leipzig, mardi, en Ligue des Champions. Avec cette victoire de gala, Monaco est provisoirement le nouveau dauphin du champion en titre.

Source : football365