Mali: hommage aux victimes des manifestations anti-IBK, il y a un an

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Au Mali, il y a un an, jour pour jour, 14 personnes périssaient suite à l’intervention des forces de l’ordre lors des manifestations contre le régime du président déchu Ibrahim Boubacar Keïta, selon des chiffres des Nations unies et de l’ONG Humain Rights Watch. Une cérémonie a été organisée, ce dimanche 11 juillet, en leur hommage dans la mosquée de l’imam Dicko, située à Badalabougou. Le quartier était alors l’épicentre de la contestation à l’ancien régime.

Avec notre correspondant à Bamako, Kaourou Magassa

La cérémonie est avant tout religieuse. Une lecture du Coran a lieu, dès 9h00 du matin, amplifiée par plusieurs enceintes de sonorisations. Sur la route et sous des bâches blanches, une centaine de chaises sont disposées. L’ambiance est au recueillement et aux prières. Comme le veut la tradition pour commémorer des décès, des bénédictions sont faites pour le repos des défunts.

Ce rassemblement a aussi une portée revendicatrice. Sur un mur de la mosquée, une banderole avec, en fond, une photo de l’imam Dicko et plusieurs fidèles priant sur un corps, affiche la phrase « Le peuple malien demande justice ».

Acueilli par des applaudissement sous un chapiteau blanc face à sa mosquée du quartier de Badalabougou. l’imam Mahmoud Dicko s’est fait le porte voix des familles de victimes. « On ne demande pas la vengeance, on demande la justice », a-t-il lancé.

Lors des manifestations des 10, 11 et 12 juillet 2020, quatorze personnes sont décédées. Des enquêtes indépendantes de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et de l’Organisation Human Rights Watch ont conclu à un usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre. La plupart des morts l’ont été par balles. Bien que certains témoins aient été auditionnés par la justice malienne, l’enquête semble piétiner. 

Pendant de la cérémonie religieuse, devant sa mosquée de Badalabougou l’imam Dicko a rendu hommage aux victimes des manifestations contre le régime du président déchu Ibrahim Boubacar Keïta.

Pourfendeur de la mauvaise gouvernance

Durant plus d’une demie heure de prise de parole où il a alterné entre la langue française et le bambara, l’imam Dicko s’est par ailleurs fait le pourfendeur de la mauvaise gouvernance. Comme pour un prêche, l’imam de la mosquée de Badalabougou n’a pas manqué de commenter l’actualité du pays en livrant sa vision de la transition aujourd’hui présidée par le colonel Assimi Goïta. « C’est l’armée qui est au service du peuple, et non le contraire. Le peuple malien ne donnera un chèque en blanc à personne dans ce pays », a prévenu l’imam Dicko. Des mots qui résonnent comme les propos qu’il lançaient à l’encontre de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita avant le coup d’État d’août 2020.

À ses anciens alliés du M5 assis à ses cotés et aujourd’hui partie intégrante au gouvernement, l’imam Dicko a réclamé de l’écoute et de l’inclusivité  dans la mise en place des reformes tout en lançant un appel aux « forces vives de la nation ». « Mettons nous ensemble, renforçons notre pays. Organisons des élections fiables et dignes qui honorent le pays, et pour le reste, Dieu nous aidera. » Selon les engagements et un calendrier édicté par les autorités. Des élections législatives et présidentielles doivent se tenir à l’horizon de février 2022


IL y a beaucoup d’innocents qui sont tombés ici l’an passé à pareil moment. Notre pensée va vers eux, vraiment nous prions Allah pour que la terre leur soit légère. J’ai profité aussi pour faire comprendre aux gens que nous ne sommes pas un peuple qui demande la vengeance, nous demandons seulement la justice. On ne demande pas la vengeance, nous sommes un peuple tolérant, nous sommes un peuple qui pardonne, donc ce n’est pas en réalité une vengeance que nous demandons, mais la justice. Et ensuite, aujourd’hui, notre pays est à la croisée des chemins. Il faut nécessairement que le peuple se mette ensemble aujourd’hui pour relever le défi pour lequel ces martyrs-là sont tombés. C’est ça le sens de l’appel que j’ai eu à lancer. J’espère bien que cela va être entendu. Inch’Allah.

L’imam Dicko a rendu hommage aux victimes des manifestations contre le régime de IBK

►À lire aussi: Mali: les tensions persistent à Bamako au lendemain de la manifestation contre IBK

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