Mali: la classe politique réagit aux recommandations des Assises

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                Six mois à cinq ans de prolongation pour la période de transition au Mali, implantation de nouveaux camps militaires, développement de nouvelles relations militaires, élaboration d'une nouvelle Constitution ou encore un renforcement de la lutte anticorruption... Les recommandations des Assises nationales ont provoqué, au Mali, des réactions diverses.                 </p><div readability="113.68558951965">

                <p>Après <a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211228-assises-nationales-au-mali-le-pays-bientôt-fixé-sur-l-allongement-de-la-transition" target="_self" rel="noopener"><strong>un mois de concertation dans tout le pays</strong></a>, les conclusions ont été rendues publiques jeudi. Outre la prolongation de la transition, les Assises ont conclu à la nécessité d’une nouvelle Constitution, à la limitation du nombre de partis politiques, ou encore au développement de nouveaux partenariats militaires.

Plusieurs centaines de recommandations ont été formulées et le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, s’est engagé à les mettre en œuvre.

Plusieurs dizaines de partis politiques, pour certains de poids, avaient choisi de ne pas prendre part à ces Assises jugées trop coûteuses et redondantes après les nombreuses concertations déjà menées dans le pays. Surtout, ces partis refusaient de cautionner l’allongement de la transition.

« Un flou sémantique »

Parmi eux, le parti Yelema, de l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Il estime que « les grands maux de notre pays sont indiqués dans les conclusions de ces Assises, comme c’était le cas dans les conclusions du dialogue national inclusif. Les questions institutionnelles, les questions de sécurité, les questions de gouvernance… L’essentiel des maux s’y retrouve ».

Pour l’ancien Premier ministre, « la question essentielle » reste le calendrier de transformation de ces recommandations en projet de réforme. « Il va sans doute y avoir, à mon avis et c’est souhaitable, que des interactions se fassent avec nos partenaires, notamment la Cédéao, pour éviter les sanctions contre notre pays et arriver à nous entendre sur un timing de transition avec la Cédéao. Donc si jamais on s’entend avec ce timing de transition, c’est de définir ce qui va être fait urgemment pendant la transition, et de voir ce qui peut être fait pendant le régime à venir », estime-t-il.

Le PS-Yeleen Kura, dirigé par Amadou Koïta, avait refusé de cautionner l’allongement de la transition et estime qu’aujourd’hui, le Mali se retrouve « dans une impasse sécuritaire, une impasse économique, une impasse politique, une impasse diplomatique ».

Et les recommandations issues des Assises nationales ne l’ont pas convaincu. « Cela ne fait que corroborer nos craintes et nous pensons aujourd’hui que le travail que les autorités de la transition doivent faire, surtout le président de la transition, c’est de faire en sorte que nous respections nos engagements », témoigne-t-il.

Le chronogramme des prochaines échéances électorales était très attendu, or, il reste toujours vague. « C’est un flou sémantique puisqu’on nous parle d’une fourchette d’une prolongation de six mois à cinq ans », selon Amadou Koïta, pour qui une nouvelle feuille de route est nécessaire pour organiser les futures élections.

« L’objectif d’une transition, c’est la fin de la transition »

La prolongation de la transition offre une marge de négociation certaine aux autorités, engagées dans un bras de fer avec leurs partenaires internationaux menés par la Cédéao. Sur le sujet des négociations avec l’institution sous-régionale, le dirigeant du PS-Yeleen Kura rajoute : « Nous devons travailler aujourd’hui pour arrondir les angles avec la Cédéao et avec l’ensemble de la communauté internationale afin que nous sortions de cette transition. L’objectif d’une transition, c’est la fin de la transition. »

D’autre part, cet exercice des Assises a particulièrement satisfait Jeamille Bittar. Porte-parole du M5 et proche du Premier ministre de transition Choguel Maïga, il a d’ailleurs lui-même participé aux travaux et plaidé pour un allongement conséquent de la période de transition.


Au-delà de tout cela, aujourd’hui, dire que nous pouvons aller aux élections sans un préalable par rapport à la sécurité nationale, je pense que ce serait envoyer les gens certainement dans un carnage qui ne dit pas son nom. Les Maliens ont décidé de prendre leur destinée en main, donc vous nous direz que certains ont boudé les Assises, mais nul n’est indispensable. Compte-tenu de l’engouement, ces Assises ont donné des résultats satisfaisants.

Jeamille Bittar, porte-parole du M5 et proche du Premier ministre de transition

► À lire aussi : Transition au Mali: les Assises recommandent de 6 mois à 5 ans de prolongation, sans trancher

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