Mali: la détresse des habitants de la région de Ménaka

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                Les habitants de la région de Ménaka sont en détresse. La branche sahélienne du groupe État islamique, l’EIGS, est à l’offensive depuis début mars dans cette partie du nord-est du Mali, à la frontière avec le Niger. La semaine dernière a été émaillée de nouvelles attaques. Plusieurs centaines de morts, plusieurs milliers de déplacés. Mais à Bamako, les autorités de transition restent silencieuses.                </p><div readability="78.793187347932">

                <p>Les attaques de l’EIGS dans la région de Ménaka ont fait plus de 15 000 déplacés internes au Mali, plus de 8 000 du côté nigérien de la frontière, selon les chiffres onusiens, qui dénombrent au moins 264 civils tués, en moins de trois mois. Un chiffre sous-évalué, selon Sidi Barka, président de la société civile de Ménaka.

« Selon les déplacés qu’on a reçus à Ménaka, ça doit être plus. Réellement il y a eu trop de morts, trop de pertes d’animaux aussi. Vraiment, c’est une catastrophe. Les populations ont quitté les lieux où il y a eu les tueries. Ils ont quitté Tamalat, Anderamboukane, Inekar, Emis-Emis… Toutes ces zones sont restées vides. Maintenant, je ne sais pas qui les occupe. »

La branche sahélienne du groupe État islamique tente de prendre le contrôle de nouveaux territoires et de s’implanter durablement dans cette partie du nord-est du Mali. Face aux jihadistes, deux groupes armés locaux signataires de l’accord de paix de 2015, le MSA et le Gatia, tentent de défendre les populations. 

Quant aux autorités maliennes de transition, beaucoup s’interrogent sur leur inaction et sur leur silence. Pas même un communiqué depuis le début des massacres. 

Le président de la société civile de Ménaka lance un appel à l’aide. « C’est un appel pressant aux autorités de Bamako, à la communauté internationale, à la Minusma qui est au Mali, insiste Sidi Barka. Un appel de détresse pour que tout le monde vienne en aide à la région de Ménaka. On a perdu la terre, on a perdu les hommes, on a perdu les biens, et ça ne fait qu’empirer : plus ça tarde, plus on perd des zones encore et c’est la population qui va en pâtir. »

Le chef de la Minusma El-Ghassim Wane s’est justement rendu à Ménaka hier pour évaluer les besoins humanitaires. 

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