Mali: la remise en cause des accords de défense, nouvel épisode de la tension avec la France

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                La junte malienne a « <em>dénoncé</em> », ce lundi 2 mai 2022, les accords de défense avec la France et ses partenaires européens. La décision a été notifiée par le ministère malien des Affaires étrangères au chargé d’affaires de l’ambassade de France à Bamako. Elle intervient alors que les soldats français et européens sont en train de quitter le pays et marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre les deux pays. Paris juge «<em> injustifiée</em> » la décision du Mali.                 </p><div readability="148.56131995237">

                <p><a href="https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20220502-info-rfi-les-autorités-maliennes-dénoncent-le-traité-de-coopération-en-matière-de-défense-signé-avec-la-france" target="_self" rel="noopener"><strong>Bamako fustige les « <em>insuffisances graves</em> » de la coopération militaire</strong></a>, les « <em>atteintes flagrantes</em> » à la souveraineté nationale et de « <em>multiples violations</em> » de l'espace aérien malien. C’est la conséquence de deux semaines de passe d’armes autour de l’affaire de Gossi. Ce faux-charnier attribué aux militaires français dans un but de guerre informationnelle, selon Paris.

Un acte dénoncé par la France le 21 avril, vidéo à l’appui, où l’on voit des hommes, probablement des miliciens de Wagner, en train d’enterrer des corps tout près du camp que la force Barkhane venait de rétrocéder aux Maliens. Ces accusations de duplicité ont agacé Bamako, qui a déploré une communication hostile à son armée, et accusé en retour la France « d’espionnage » et de « subversion », ainsi que de violation de l’espace aérien.

Accusations contre Wagner

Des affirmations « douteuses » pour l’état-major français, qui a mis en avant l’accord liant les deux pays qui permet de déployer des drones de surveillance. La France a renchéri la semaine dernière en publiant des photos de militaires blancs faisant du sport dans le camp de Gossi. Nouvelle preuve, selon Paris, de la présence de Wagner.

Cet épisode poursuit une année 2022 conflictuelle, qui a vu notamment le Mali interdire de déploiement les soldats danois de Takuba, puis expulser l’ambassadeur de France, fin janvier, l’accusant de tenir des « réunions secrètes » dans le but de « préparer un plan pour renverser le gouvernement ». C’était juste avant qu’Emmanuel Macron confirme mi-février le départ des troupes françaises du Mali.

Le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga accuse la France d’avoir cherché à faire pression sur les autorités de transition maliennes

Concrètement, ces accords remis en cause sont trois textes. Le premier est le traité de coopération avec la France en matière de défense, signé en 2014. Ce retrait sera effectif dans six mois comme le prévoit le document. La plupart des coopérations, notamment sur la formation et l’échange de renseignements, sont déjà à l’arrêt en raison de la crise diplomatique entre les deux pays.

« Guérilla administrative »

Les deux autres textes sont les accords sur le statut des forces étrangères : celui conclut en 2013 concernant Serval puis Barkhane, et celui de 2020 pour Takuba. Le Mali estime que leur dénonciation est immédiate, mais selon le chercheur Julien Antouly, la France devrait se prévaloir d’un préavis de douze mois. 

Pour ce qui s’agit des conséquences de cette annonce, elles sont encore incertaines pour le chercheur. Il pourrait y avoir une sorte de « guérilla administrative » : rétablissements de visas, fin d’exonération douanière sur le matériel, risques de poursuites en cas de fautes ou de violation du droit par des militaires français. De quoi ralentir le désengagement des troupes françaises qui doivent quitter définitivement quitter le Mali d’ici fin août.

Une décision jugée « injustifiée », proteste le Quai d’Orsay

« Informée, le 2 mai, de la décision unilatérale des autorités de transition maliennes de dénoncer » ces accords, la France « considère cette décision injustifiée et conteste formellement toute violation du cadre juridique bilatéral qui serait imputable à la force Barkhane », souligne ce mardi 3 mai le ministère français des Affaires étrangères dans une déclaration écrite.

« Première fois que l’armée française se retrouve dans une telle situation »

« C’est la première fois que l’armée française se retrouve dans une telle situation » admet un militaire de haut rang, ajoutant que « malgré tout, il y a une forme de logique qui ne surprend pas ». Cela car depuis l’arrivée de la société de mercenaires Wagner au Mali en 2021, le dialogue avec la junte est chaque jour un peu plus difficile.

Alors que Bamako justifie sa démarche en pointant une violation du cadre juridique qui permet aux soldats français de stationner au Mali, l’état-major français affirme que la France n’a été saisie d’aucune plainte, et qu’aucun fait documenté n’a été produit :

« Nous avons toujours été soucieux d’observer toutes les règles qui nous étaient imposées », dit-on à Paris.

Départ du dernier soldat français prévu à la fin de l’été

Dans son communiqué de dénonciation des accords de défense, le Mali a également demandé, « avec effet immédiat », le départ d’une partie des forces étrangères présentes sur son territoire.

Mais côté français, l’état-major des Armées se veut serein et considère que le cadre juridique signé en 2013 et 2014 continuera à produire ses effets jusqu’à la fin de la ré-articulation au Sahel, c’est-à-dire jusqu’au départ du dernier soldat français du Mali, ce qui devrait intervenir à la fin de l’été.

D’ici là, « pas d’inquiétude particulière » disent les militaires, « les convois logistiques terrestres de la Force Barkhane ne seront pas entravés » : « On va continuer à se désengager en bon ordre, notre capacité de manœuvre reste intacte ».

Pendant toute la durée de l’opération de retrait, la France affirme sa détermination à assurer la sécurité de ses soldats et des soldats européens, ainsi que sa vigilance à toute « tentative de manipulation de l’information ».

Après avoir quitté les bases avancées de Tessalit, Tombouctou et Gossi, les militaires français doivent encore libérer celles de Ménaka et Gao, dans le Nord-Est.

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