Mali: l’école à la radio pour les enfants déscolarisés par le conflit

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La région de Ségou, dans le Sud du Mali, accueille de nombreuses familles déplacées. Pour leurs enfants, l’Unicef a distribué 3 000 radios à énergie solaire dans quatre régions du pays pour dispenser les programmes éducatifs à plus de 18 000 élèves, afin d’éviter le décrochage scolaire.

De notre correspondante à Bamako,

Huit jeunes filles se sont rassemblées autour d’Aïssata. À l’ombre d’un grand manguier, et cahier à la main, elles concentrent leur regard sur le petit boîtier noir placé au centre. Aujourd’hui, à la radio, c’est leçon de géométrie. Il y a moins d’un an, elles étaient scolarisées à Gao, à 970 kilomètres plus au nord. Contraintes par le conflit à fuir vers le sud, elles ont raté plusieurs mois d’école.

Non loin de là, le jeune Coulibaly, révise sa conjugaison. Après une attaque dans son village, sa famille a été déplacée. Ali Konaté, le directeur de l’établissement qui l’accueille à Ségou, explique que « ces enfants sont suivi de près avec leurs parents à la maison. Il y a des leçons qui sont préparées avec le maître virtuel qui donne des cours à distance. Il y a des chansons, des mathématiques, de la lecture et écriture. il s’affairent même à faire des petits groupes de travaux. On a constaté que leur résultat s’est amélioré. » 

► À lire aussi : Mali: dans le nord et le centre, écoles et enseignants en proie à la menace jihadiste

Plus de 1 200 écoles fermées

Jusqu’à trois millions d’enfants seraient déscolarisés au Mali, selon l’Unicef. Un décrochage scolaire dont les conséquences peuvent aller du mariage précoce à l’enrôlement auprès de groupes armés.

Pour Sylvie Fouet, représentante de l’Unicef au Mali : « Forcément, ils ne sont pas équipés avec les options pour avoir un travail peut-être bien rémunéré. Donc ils vont aller dans l’alternatif et être recruté soit dans la drogue, soit dans le trafic. Le but c’est donc d’essayer de ne pas perdre ces opportunités de trouver un métier et un travail qui leur permettent vraiment de se développer et grandir dans l’économie au Mali », dit-elle.

À la crise sécuritaire s’est ajoutée la crise sanitaire liée à l’arrivée du coronavirus en mars 2020 au Mali. D’après l’Unicef, plus de 1 200 écoles ont été fermées à travers le pays. 

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