Mali: rencontre à Bandiagara pour la sécurisation du pays dogon

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Comment sécuriser les populations de la zone ? Quel avenir pour les accords de paix locaux ? Quelle place pour les groupes d’auto-défense ? Une grande rencontre s’est tenue à Bandiagara, en pays dogon, afin de progresser sur tous ces sujets. Certains engagements ont été pris, même si des divergences importantes continuent de s’exprimer.

Dimanche, les autorités locales, les représentants des populations et ceux de Dan Na Ambassagou, groupe d’autodéfense constitué autour de chasseurs traditionnels dozos, ont débattu de ces sujets à dominante sécuritaire. Le cas des blocages récents de la route nationale 15, principal axe qui traverse le pays dogon, a notamment été au cœur des échanges.

La RN15 est régulièrement attaquée par les groupes jihadistes. Ces derniers temps, elle a surtout été bloquée par les chasseurs de Dan Na Ambassagou, qui s’efforcent de protéger les habitants – et qui en paye souvent le prix du sang –, mais qui sont aussi régulièrement accusés d’exactions contre les civils, notamment de la communauté peule.

En bloquant pendant plusieurs jours cet axe routier, Dan Na Ambassagou entendait dénoncer les accords intercommunautaires signés dans plusieurs cercles du centre du Mali, notamment à Koro et à Bankass. Le président de Dan Na Ambassagou, Mamoudou Goudienkilé, juge désormais « caduques » ces accords locaux « qui nous mettent dans l’esclavage vis-à-vis des terroristes ».

Lui et Youssouf Toloba, chef de la branche armée de Dan Na Ambassagou, ont ainsi plaidé pour un renforcement des moyens militaires dans la zone, avec davantage de bases dans les localités longeant l’axe routier, et pour une « union avec l’État malien » pour combattre les jihadistes.

La légitimité de Dan Na Ambassagou questionnée

Officiellement dissoute il y a deux ans, Dan Na Ambassagou ne l’a jamais été dans les faits et les autorités maliennes se sont souvent engagées à désarmer les groupes d’autodéfense tout en recourant, plus ou moins officiellement, à leurs services sur le terrain.

« Ils n’ont ni l’autorité, ni la légitimité pour déclarer ces accords caducs », rétorque un conseiller du ministre de la Réconciliation nationale, qui suit le dossier de près. Et qui juge toutefois « légitime » la demande d’un renforcement des moyens militaires dans la zone.

Outre l’axe routier RN15, de nombreux villages du pays dogon vivent sous le joug de groupes jihadistes appartenant au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Aqmi. Certains, comme celui de Dinangourou, sont même entièrement sous blocus depuis plusieurs mois.

« Ils se sont engagés à ne plus bloquer la route et c’est une avancée », juge enfin une autorité locale présente à la rencontre, qui poursuit : « Dan Na Ambassagou ne reconnaît pas les accords locaux, mais cela n’engage qu’eux. Ces accords ont permis d’améliorer la circulation des populations et de réduire les attaques. »

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