Mongo Béti : portrait de l’écrivain révolté disparu il y a 15 ans

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De son vrai nom Alexandre Biyidi Awwala, ce natif d’Akometam qui évoluait dans l’écriture sous le pseudonyme d’Eza Boto et ensuite de Mongo Béti est né un soir du 30 juin 1932. Il fait partie de ceux qu’on peut qualifier des génies littéraires du 20e siècle en Afrique.

Un esprit révolté et d’une âme engagée et zélée, ce fils des forêts du Sud Cameroun a choisi une plume à la place d’une arme pour combattre le système en place. D’abord le système colonial qu’il a vécu et subi. Et ensuite le système néocolonial dans lequel il aura évolué et rendu l’âme.

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Dès son bas âge, alors qu’il était au lycée, il est renvoyé de l’école au moment où il avait pris l’initiative de boycotter le repas à cause de sa mauvaise qualité. Brillant élève, il sera de l’élite choisie pour poursuivre ses études en France. Amoureux des lettres, il en deviendra maitre. Il enseignera en tant que professeur agrégé, la langue française aux enfants de France. Bien avant, alors qu’il venait d’entrer fraichement à l’Université en France après son bac obtenu à Yaoundé, il étonne le lectorat francophone par son talent et la précocité de son écriture.

A peine âgé de 23 ans, en 1954, il publie son roman devenu un classique intitulé « Ville cruelle ». Même s’il dépeint de la manière la plus accomplie la vie du Sud Cameroun dans la période coloniale, ce livre reste d’une cuisante actualité. Après ça, il alignera un nombre assez important de romans à succès et d’essais. Dans son élan toujours révolté, il sera censuré lors de la publication de « main basse sur l’Afrique ». Le bouquin sera interdit de diffusion par les autorités françaises.

Il crée alors la maison des « Peuples Noirs » qui est une vitrine qui l’aide à diffuser ses propres livres et ses pensées. Il est boycotté à la fois par la France où il réside, et le Cameroun qui occupe ses pensées et ses écrits. Mais auprès de lui, sa femme, Odile Tobner, une Française, professeur agrégé aussi, peut tout faire pour lui et avec lui.

A la fin des années 90, il décide de rentrer s’installer au Cameroun. Fonde une librairie célèbre et fournie, crée un parti politique, et initie des champs de culture dans son village. Il meurt en octobre 2001, d’une mort dit-on prématurée. Laissant derrière lui une importante littérature, et de nombreuses biographies écrites en son hommage.

En début de semaine, dans les locaux de sa librairie à Yaoundé, des intellectuels réunis au nom de la Société des Amis de Mongo Béti (SAMBE) ont animé une conférence en son honneur. Étaient présents : Odile Tobner, Ambroise Kom, Claude Abé, Boubacar Boris Diop. Comme on dit, les grands hommes peuvent s’endormir, mais leurs écrits restent.

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