Mustapha Berraf: «Satisfaits des résultats» de l’Afrique à Tokyo 2021

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L’ensemble des pays africains présents aux Jeux olympiques de Tokyo 2021 ont remporté 37 médailles dont 11 en or. Pour le président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), Mustapha Berraf, ce bilan, en partie inférieur à celui de Rio 2016, est à relativiser, du fait de la crise du Covid 19. « Les athlètes n’ont pas pu se préparer convenablement », estime notamment l’Algérien. Entretien.

RFI : Mustapha Berraf, quelles impressions vous laissent l’organisation de ces Jeux olympiques de Tokyo 2021, en tant que patron du mouvement sportif africain ?

Mustapha Berraf : Je ressens une grande satisfaction et un grand soulagement. Ces Jeux avaient été reportés et ils supposaient pas mal de préoccupations. Mais, Dieu merci, nous avons réussi à relever le défi. C’était pourtant un défi exceptionnel, relevé grâce à la volonté du comité d’organisation, à celle du Comité international olympique (CIO) et plus particulièrement du président du CIO, M. Thomas Bach. Nous avons réussi, comme il l’a si souvent dit, à trouver la sortie du tunnel et à entrevoir un espoir pour l’humanité. Pour moi ainsi que pour tous les Africains qui ont soutenu cette démarche, c’est un grand soulagement.

Du point de vue sanitaire, le bilan de ces Jeux olympiques de Tokyo 2021 vous parait-il bon ?

Moi, je trouve le bilan très positif. Comme vous le savez, nous, les Africains, sommes des gens fatalistes. Mais nous attachons beaucoup d’importance à l’espoir et à la volonté de réussir des choses exceptionnelles. Or, c’était quelque chose d’exceptionnel. Je peux vous dire que la rigueur en matière de conditions sanitaires, de règles et de fonctionnement durant ces Jeux, ont été un exemple très élevé en termes de modernité scientifique.

L’Afrique dans son ensemble récolte 37 médailles. C’est moins qu’en 2016 (45 médailles). Comment considérez-vous ce bilan ?

Il y a eu à la fois des choses positives et des choses négatives. Si on compare à 2016, on a eu un peu moins de médailles. Mais il y a eu ces conditions exceptionnelles de vie en Afrique, avec la fermeture presque totale des frontières pendant plusieurs mois. Une période durant laquelle les athlètes n’ont pas pu se préparer convenablement. Ils ont connu beaucoup de difficultés et ont eu des soucis de plusieurs ordres.

Si nous considérons toutes ces problématiques, nous sommes satisfaits du résultat. Il y a quasiment une dizaine d’athlètes qui ont obtenu une médaille et auxquels nous avions apporté un support financier et technique. Je suis très content de la réussite qu’ont connu les athlètes qui étaient placés sous la casquette de l’ACNOA.

Les athlètes d’Afrique de l’Est, d’Afrique du Nord et d’Afrique australe ont remporté l’essentiel des médailles. Les efforts pour soutenir les athlètes d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale sont-ils encore insuffisants ou inadaptés ?

Les moyens mis à disposition de ces athlètes, comparés à ceux à disposition d’athlètes professionnels ou européens, nous obligent à de la retenue et à les respecter. Ils ont pu participer à ces Jeux olympiques parce qu’ils ont réussi à se qualifier pour ces JO. C’est déjà un exploit. Ces jeunes, il faut leur donner leur chance et leur apporter de l’aide. Nous sommes en train d’examiner et d’évaluer comment leur apporter davantage de soutien. Une commission est en train de travailler sur ces aspects. Elle est dirigée par le Colonel Major Hamad Kalkaba Malboum, qui est le vice-président de la Fédération internationale d’athlétisme et vice-président de la Confédération africaine d’athlétisme. […]

Nous envisageons de créer quatre centres régionaux, afin notamment de limiter la migration de certains athlètes qui prennent le risque de s’établir sur d’autres continents. C’est malheureux. Car, au lieu de revenir chez eux et d’assurer la formation de nouveaux athlètes et de nouveaux espoirs, ils restent à l’étranger.

Vous avez eu des entretiens avec les organisateurs des Jeux Africains 2023, prévus au Ghana. Vous vous étiez inquiété de l’avancée de l’organisation, il y a quelques mois. Avez-vous reçu des garanties et avez-vous été rassuré concernant l’avancée des préparatifs ?

Nous avons eu, je ne vous le cache pas, certaines préoccupations, par le passé. Il est clair que le Ghana, organisateur des prochains Jeux Africains, avait quelques difficultés, particulièrement d’ordre organisationnelles et surtout concernant l’acquisition des équipements. Nous avons eu quatre réunions très sérieuses avec Monsieur le ministre de la Jeunesse et des sports et le Comité nationale olympique du Ghana. Elles ont permis d’entrevoir de meilleures perspectives. Nous nous sommes engagés à leur apporter l’aide de tous nos partenaires, notamment en matière de matériels de sports et d’équipements. […] Aujourd’hui, nous sommes en phase pour réussir des Jeux de bonne facture. Cela laisse entrevoir beaucoup d’espoir.

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