Nigeria : au moins 38 personnes tuées dans une attaque djihadiste

Des djihadistes liés au groupe Etat islamique ont abattu au moins 38 personnes, samedi 13 juin, lors de l’attaque d’un village isolé du nord-est du Nigeria, ont indiqué, dimanche à l’Agence France-Presse (AFP), des habitants.

Ce village, Goni Usmanti, est situé à une soixantaine de kilomètres de la localité-garnison de Monguno, également attaquée un peu plus tard, samedi, et où 15 personnes ont été tuées, selon un nouveau bilan communiqué dimanche à l’AFP par une milice locale et un habitant.

A Goni Usmanti, samedi, des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) à bord de pick-up ont brièvement affronté des membres d’une milice locale d’autodéfense soutenue par le gouvernement, avant d’abattre les habitants fuyant le village. « Les insurgés ont tué 38 personnes, dont six miliciens, qui avaient engagé le combat avant d’être défaits », a déclaré à l’AFP le chef de la milice locale, Babakura Kolo.

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Un habitant du village, Grema Nuwaisu, a fourni le même bilan et ajouté que les djihadistes avaient ouvert le feu sur un camion rempli de commerçants, puis y avaient mis le feu avec ses occupants toujours à l’intérieur. « Nous ne savons pas combien de personnes il y avait dans le camion, a-t-il expliqué. Il était totalement carbonisé, ce qui rend difficile l’identification des corps. Seuls deux passagers ont pu sauter et s’échapper. »

Les assaillants sont soupçonnés d’être ceux qui ont attaqué, quelques heures plus tard, la localité de Monguno, où le bilan a été revu à la hausse après la découverte de nouveaux corps. A Monguno, « le nombre de tués est désormais de quinze, dont neuf soldats, un milicien et cinq civils », a indiqué Bukar Ari, membre de la milice d’autodéfense locale.

Monguno, qui abrite une base militaire et des dizaines de milliers de personnes déplacées par dix ans de violences islamistes, a été attaqué à plusieurs reprises par l’Iswap, faction ayant fait scission en 2016 du groupe Boko Haram et ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique.

Un centre de travailleurs humanitaires visé

L’Organisation des Nations unies (ONU) s’est déclarée « consternée » par ces deux attaques dans lesquelles « de nombreux civils ont été tués, dont une fillette de 4 ans » et au moins 37 blessés.

Elle affirme qu’un centre abritant 50 travailleurs humanitaires à Monguno n’avait subi que peu de dégâts, mais semblait avoir été « visé directement ». « Un engin explosif qui ne s’est pas déclenché a été retrouvé à la porte » du centre, selon l’ONU. Des véhicules et des bâtiments de l’ONU situés à l’extérieur du centre ont été incendiés, affirme le communiqué. « Je suis soulagé que tout le personnel soit sain et sauf, mais je suis choqué par l’intensité de cette attaque », a déclaré Edward Kallon, coordinateur humanitaire des Nations unies au Nigeria.

De son côté, l’armée nigériane a affirmé, dimanche, avoir tué vingt djihadistes en « repoussant victorieusement » l’attaque sur Mongumo, sans faire état de pertes dans ses rangs ou évoquer l’attaque de Goni Usmanti.

Les dix ans d’insurrection islamiste dans le nord-est du Nigeria ont fait au moins 36 000 morts et chassé deux millions de personnes de chez elles. Le 10 juin, des combattants de l’Iswap avaient tué 81 personnes lors de l’attaque d’un village de la région.

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Le Monde avec AFP

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