Ouganda: la difficile vie dans les camps de déplacés climatiques à Kasese (2/3)

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Les habitants de Kasese, proche de la frontière avec la RDC, doivent depuis quelques années affronter de nombreuses et violentes inondations dans le district de Kasese, conséquence du dérèglement climatique dans la région. Les camps de déplacés, mis en place pour accueillir les quelques centaines de victimes de ces inondations, se multiplient. À l’extérieur de la ville, un nouveau camp a dû ouvrir autour d’une école primaire au début de ce mois de septembre.

De notre envoyée spéciale à Kasese,

Assis sur les marches devant l’école primaire, une cinquantaine de déplacés attendent d’être appelés pour récupérer leurs rations de nourriture. Cela fait déjà quelques jours qu’ils dorment dans les salles de classe. Parmi eux, Janet Abban, qui a dû fuir sa maison deux jours plus tôt. « On est une vingtaine dans la même pièce. Je suis ici avec mon mari et mes enfants, on dort sur des matelas et des tapis, on n’a même pas de moustiquaire, mais on n’a nulle part ailleurs où aller », explique Janet.

En deux ans, c’est la troisième fois que Janet et sa famille doivent quitter leur maison pendant quelques semaines à cause des inondations. Mais cette fois-ci, le séjour au sein du camp sera bien plus long. « La dernière fois, quand l’eau est redescendue, on est rentré chez nous, mais cette fois-ci, c’est pire. On ne peut même pas passer la porte, à l’intérieur, il a de grands tas de vase, et c’est rempli d’eau, on ne peut rien faire », dit-elle. 

► À lire aussi : À Kasese, les inondations ne laissent aucun répit aux habitants

« C’est très dur pour les enfants »

Un peu plus loin, devant l’entrée de la salle de classe transformée en dortoir, Elias Masereka essaie avec ses enfants d’organiser les quelques affaires qu’ils ont réussies à sauver de l’eau. C’est la première fois que sa maison est touchée par les inondations. « Je ne suis pas prêt à rester dans un camp. C’est très dur pour les enfants. Il n’y a pas d’espace pour eux. On passe d’une maison de cinq pièces, à une seule salle de classe pour les autres et mes cinq enfants, c’est très difficile », déclare Elias.

D’autres déplacés, pour l’instant installés dans des camps surchargés par le nombre de victimes, doivent également être transférés vers l’école primaire. Le district de Kasese craint que les camps soient pris d’assaut pendant la saison des pluies de septembre à novembre. « Il y avait six camps de déplacés, et c’est maintenant le septième, c’est une catastrophe », décrit Joseph Singoma, en charge de l’aide aux déplacés climatiques. « Nous continuons d’étudier l’ampleur des destructions, pour accueillir les victimes dans des camps de transit, en attendant une solution permanente du gouvernement. » 

Au total, environ 400 personnes vivent actuellement dans les différents camps de déplacés, pour certains depuis déjà plusieurs années. Le gouvernement ougandais a confié aux autorités locales la mission de chercher des terrains pour réinstaller les victimes des inondations. 

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