Présidentielle au Burkina Faso: dernière démonstration de force des candidats

Campagne Burkina 1

Le Burkina Faso vote ce dimanche 22 novembre pour des élections présidentielle et législatives. La campagne se termine ce vendredi soir à minuit. Et jusqu’au bout, les 13 candidats à la magistrature suprême ont battu le pavé avec notamment les derniers grands meetings, une dernière occasion pour convaincre.

Si la majorité des candidats étaient en province pour ce dernier jour de campagne, le président Roch Marc Christian Kaboré, qui brigue un deuxième mandat, était lui à Ouagadougou. Et c’est une véritable démonstration de force qu’a fait son parti, le MPP, dans un stade du 4-Août rempli pour l’occasion. Près de 35 000 partisans tout d’orange vêtus étaient présents pour écouter le président sortant galvaniser ses troupes. « Les opposants m’attribuent zéro, mais la note que j’attends est celle du peuple et on verra alors qui sera le premier », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré.

De son côté, le chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré était à Bobo-Dioulasso. La deuxième ville du pays représente avec la capitale plus de 30% du corps électoral. Autant dire que ce sont donc deux villes qui vont peser lourd sur le scrutin de ce dimanche. À la tribune, le candidat de l’UPC a mis en garde contre des fraudes éventuelles et contre toute proclamation hâtive des résultats.

Silence électoral jusqu’au vote de dimanche

Quant à Eddie Komboïgo du CDP, l’ancien parti au pouvoir, il était ce vendredi matin à Dori dans la région du Sahel puis cet après-midi à Ziniaré, la ville natale de Blaise Compaoré. Il y a affirmé, selon un responsable du parti, que seul le CDP pourra faire rentrer l’ancien président.

Autre candidat en campagne, Kadré Désiré Ouédraogo, l’ancien patron de la Commission de la Cédéao, était à Koudougou à l’ouest de la capitale. Gilbert Noel Ouédraogo, de l’ADF/RDA, a lui choisi Ouahigouya dans le Nord. Abdoulaye Soma était à Banfora, près de la frontière ivoirienne, et Tahirou Barry est passé au campus de Ouagadougou pour un débat avec les étudiants.

Et alors que commence la période du silence électoral, toute l’attention va désormais se porter sur le vote de dimanche. Et si le camp au pouvoir prédit un KO, tous les opposants affirment qu’il est tout simplement impossible et qu’il y aura, nécessairement, un second tour.

Une campagne sans grand engouement

Les uns la qualifient de « morose », d’autres de « sereine ». Cette campagne n’aura en tout cas pas suscité d’euphorie particulière au-delà de quelques grands meetings. Faute de moyens, la plupart des candidats ont opté pour une campagne de proximité. « Le pays traverse des moments très difficiles à cause des attaques terroristes, nous n’avons pas le cœur à la fête », confiait le gérant d’un petit bistrot.

Autre fait marquant : le ton plutôt courtois et modéré des candidats qui, mise à part quelques piques, ont évité de se livrer au petit jeu des attaques personnelles. Au Burkina Faso, le cadre électoral est consensuel, le fichier n’est pas contesté, les partis sont présents à la Céni et aucun candidat n’a été exclu.

Si la société civile dénonce des tentatives d’achat de voix par des distributions de vivres ou d’argent, la campagne a tout de même donné lieu à de véritables débats sur deux grands thèmes. Tout d’abord, l’insécurité avec cette question : faut-il dialoguer avec les groupes jihadistes ? Et ensuite la réconciliation, avec en filigrane le retour de l’ex président Blaise Compaoré.  D’autres sujets comme l’emploi des jeunes, le logement ou l’accès à l’eau ont également été abordés, en revanche les relations internationales ou l’avenir du franc CFA n’ont pas donné lieu à des échanges.

Source : RFI

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