Présidentielle en Gambie: une élection test sous le regard attentif des observateurs

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                Plus de 960 000 Gambiens sont appelés ce samedi 4 décembre à élire leur prochain chef de l’État. Première présidentielle depuis la défaite de Yahya Jammeh en 2016, après deux décennies de pouvoir autoritaire. Six candidats sont en lice, dont le président sortant Adama Barrow et son ancien vice-président Ousainou Darboe, opposant historique. Un scrutin considéré comme un « test » pour cette jeune démocratie qui se déroule sous la surveillance d’observateurs nationaux et internationaux.                </p><div readability="136.13085210578">

                <p><em>De nos envoyées spéciales à Banjul,</em>

Dernières heures avant le début du scrutin en Gambie. La campagne s’est terminée ce jeudi à minuit et depuis, c’est le traditionnel « silence électoral ». Plus de caravane de campagne, plus de meeting de candidat, plus d’émission dans les médias pour évoquer cette présidentielle.

Pourtant, l’activité ne s’est pas arrêtée pour tout le monde. Dans la salle de conférence d’un grand hôtel de la capitale, une quinzaine de jeunes pianotent sur leurs ordinateurs. Nous sommes dans la « situation room », le quartier général de la coalition de la société civile. Un projet mis en œuvre avec le Wanep, le réseau ouest-africain pour la consolidation de la paix, qui déploie 150 observateurs sur le terrain.

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Alors que la liberté d’expression est devenue une réalité dans le pays, Emmanuel Joof président de la commission nationale des droits de l’homme, lance un appel aux utilisateurs des réseaux sociaux : « Ils doivent faire attention. Par exemple, c’est la Commission électorale indépendante qui annonce les résultats finaux. La désinformation peut causer beaucoup de problèmes, donc mon message, c’est de ne pas donner de résonance aux discours violents. Il faut être mesurer car ils ont une lourde responsabilité vis-à-vis de toute la nation. »

D’ailleurs, la mission a mis en place un service dédié aux réseaux sociaux. Leur mission est de repérer les informations, les vérifier et communiquer là-dessus. Objectif : limiter au maximum la diffusion de fausses nouvelles.

Une campagne plutôt apaisée

Sur le terrain, en amont de l’élection, cette coalition de la société civile a aussi déployé 25 personnes depuis plusieurs semaines pour suivre attentivement la campagne. Et le premier bilan tiré par Emmanuel Joof est plutôt satisfaisant : « Il n’y a jamais une campagne 100% parfaite, mais cela a globalement été plutôt correct. »

Un point de vue que partage la Cédéao. L’instance sous-régionale a une mission de 62 observateurs avec à sa tête Ernest Bai Koroma, l’ancien président de la Sierra Leone : « La campagne s’est globalement bien passée, il n’y a pas eu de problèmes majeurs. Quelques discours de haine ont été signalés durant cette campagne, mais cela n’a pas eu d’incidence sur le processus. Les principales parties prenantes que nous avons rencontrées sont optimistes. »

Si tous les observateurs sont confiants pour ce scrutin, ils n’oublient pas qu’il reste très particulier. Première élection libre depuis plus de 25 ans, elle est présentée comme un test pour la démocratie. Emmanuel Joof espère que les esprits resteront tout de même apaisés : « Nous disons aux gens : “Allez voter, rentrez chez vous et attendez les résultats.” Il peut y avoir des mécontentements, mais tout cela doit rester dans un cadre légal. S’il y a des contestations, il faut saisir la justice et faire des recours. »

Des observateurs de l’Union africaine, de l’Union européenne et du Commonwealth sont également mobilisés pour parcourir les 1 400 bureaux de vote répartis dans tout le pays qui doivent ouvrir à huit heures, heure de Banjul et temps universel.

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• Six candidats pour un fauteuil

Un cheval, sur fond gris : c’est le logo du NPP, le Parti national du peuple du président sortant. Adama Barrow est arrivé au pouvoir à la surprise générale il y a cinq ans, avec le soutien d’une large coalition. Depuis, l’ancien agent immobilier de 56 ans a renoncé à sa promesse de ne rester que trois ans au pouvoir. Ce proche du président sénégalais Macky Sall promet « la paix et le développement ». 

Face à lui notamment, Ousainou Darboe, 73 ans, leader du parti UDP et figure historique de l’opposition. En prison en 2016, il n’avait pas pu participer à l’élection présidentielle. D’abord vice-président d’Adama Barrow, il lui reproche aujourd’hui de s’accrocher au pouvoir, et d’avoir trahi les espoirs d’une « Nouvelle Gambie ». Son slogan : « Change is coming ». 

Il faudra aussi compter avec Mammah Kandeh, arrivé troisième à la dernière présidentielle. Le chef du Congrès démocratique de la Gambie a reçu le soutien de l’ancien président Yayha Jammeh depuis son exil de Guinée équatoriale. 

En lice aussi, Halifa Sallah, de l’Organisation démocratique du peuple pour l’indépendance et le socialisme (PDOIS), Abdoulie Ebrima Jammeh du Parti de l’unité nationale et Essa Mbaye Fall, ancien responsable de la Commission Vérité, réconciliation et réparations, qui se présente en indépendant.

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