Procès de Claude Muhayimana: le profil de l’accusé au cœur des débats

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                Le procès pour « complicité » d’un ancien chauffeur franco-rwandais se tient depuis lundi 22 novembre à la cour d’assises de Paris. Claude Muhayimana est jugé pour son rôle présumé au moment du génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda.                </p><div readability="89.532685216225">

                <p><em>Avec notre envoyée spéciale au palais de justice de Paris</em>, <strong>Bineta Diagne</strong>

La justice accuse Claude Muhayimana d’avoir transporté des miliciens hutus sur les collines de Karongi, de Bisesero et de Gitwa, où des massacres ont été commis entre avril et juin 1994. Il est aussi accusé d’être complice de l’attaque d’une école en avril 1994. Lors de ce deuxième jour d’audience, c’est son profil qui était au cœur des discussions.

L’accusé est apparu calme et posé. Issu d’une famille dite « mixte » (d’un père tutsi et d’une mère hutu), M. Muhayimana est adolescent lorsqu’il s’installe dans une congrégation religieuse où une certaine « tante Emma » le prend sous son aile. Claude Muhayimana quitte la congrégation à l’âge de 25 ans. Il obtient ensuite plusieurs contrats en tant que chauffeur, notamment pour des ONG, puis pour un hôtel touristique de Kabuye.

Claude Muhayimana se montre loquace et pédagogue pour décrire une société aux coutumes différentes. Sa femme étant tutsi, il raconte avoir été ostracisé au moment de la crise. « Dès que je me suis marié, dit-il, certaines personnes m’ont mis à l’écart. La plupart de mes amis était des tutsis. J’étais dans le groupe des tutsis ». Et d’une voix assez sèche, il précise : « En 1994, la famille [de mon épouse] est décimée… Ils sont tous exterminés. »

Son récit est ponctué de nombreuses zones d’ombre. Notamment sur son ex-épouse, qu’il accuse d’être manipulée par les autorités rwandaises. Dès qu’un sujet sensible est abordé, Claude Muhayimana se fige et fond en larmes.  

« Une vie calme à Rouen »

Après le génocide, Claude Muhayimana s’exile au Congo, puis au Kenya, où il craint des représailles du Front patriotique rwandais (FPR). Après huit ans passés au Kenya, l’ancien chauffeur parvient à s’enfuir en France en 2001 et s’installe à Rouen, où il a pu être aidé par des associations pour s’intégrer et être naturalisé.

Claude Muhayimana mène « une vie calme à Rouen » et a « peu de loisirs », indique Sophie Gelly, une enquêtrice de personnalité. C’est un homme très « investi », ajoute-t-elle. Il coordonne les activités d’un parti d’opposition rwandais depuis Rouen.   

Face à ce portrait très « lisse », d’un homme « ordinaire », tel que le présentent ses avocats depuis le début de la procédure, les parties civiles ont pointé du doigt quelques failles. Notamment le fait que ce rapport a été conclu suite à un entretien de deux heures seulement et mené avec l’accusé en 2014. De plus, fustige la partie civile, ce profil a été dressé sur la base de deux témoignages de ses proches : sa cousine et un ami.

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