Procès Sankara: 30 ans de prison requis contre l’ancien président Blaise Compaoré

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                Lors du procès sur l'assassinat de Thomas Sankara, le parquet militaire a requis ce mardi 8 février trente années de prison ferme contre l'ancien président Blaise Compaoré, jugé en son absence.                 </p><div readability="103.41727630838">

                <p>« <em>J’accuse Blaise Compaoré, oui je l’accuse de l’un des crimes les plus graves d’atteinte à la sûreté de l’État</em> », a martelé le parquet militaire avant d’ajouter : « <em>Je l’accuse également de complicité d’assassinat</em> ». Selon <a href="https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20211011-burkina-faso-ouverture-du-procès-de-l-assassinat-de-thomas-sankara" target="_self" rel="noopener"><strong>le parquet militaire</strong></a>, Blaise Compaoré est le donneur d’ordre. C’est lui qui avait intérêt à ce que le coup réussisse. Les stratégies d’attaque, les hommes et les moyens ont été fournis par Blaise Compaoré, dit-il, comme le rapporte notre correspondant à Ouagadougou, <strong>Yaya Boudani.</strong>

Pour le parquet militaire l’objectif de Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando et Gilbert Diendere dans l’attaque du 15 octobre 1987 était bien l’assassinat de Thomas Sankara, et non une tentative d’arrestation qui aurait mal tourné, comme le clament les accusés, rapporte notre envoyée spéciale à Ouagadougou, Gaëlle Laleix.

« Pouvait-on seulement arrêter le capitaine Thomas Sankara, interroge le parquet. Le charisme et la popularité du président du Conseil national de la révolution, rendait périlleuse cette démarche. L’objectif du complot était de tuer », conclut-il.

Quant à Hyacinthe Kafondo, le commandant de la garde de M. Compaoré, contre qui le procureur requiert 30 ans de prison également, il est désigné comme celui qui a assuré la coordination du commando. Le parquet demande également le maintien du mandat d’arrêt contre ces deux personnalités.

« L’absence de toute considération de la douleur des familles des victimes »

La justice militaire a également requis à l’encontre de Gilbert Diendéré, l’un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987 et accusé de complicité d’assassinat et de complicité de recel de cadavre et de subornation de témoins, vingt ans de prison.

Selon le parquet, il n’a pris aucune mesure contre les membres du commando alors qu’il avait en charge la sécurité du Conseil de l’entente. La justice lui reproche de ne pas avoir réagi quand le président Thomas Sankara et ses collaborateurs ont été attaqués.

Enfin, contre le colonel major Jean-Pierre Palm, qui avait nié toute complicité lors du procès, le parquet requiert onze ans de prison, assortis de sursis. Car selon le parquet, tout le désigne comme un membre du complot : sa visite tardive à Blaise Compaoré la veille de l’assassinat, les notes et enregistrements de renseignement de la gendarmerie récupérés et détruits peu après les faits, les personnes emprisonnées par ses instructions.

Dans son réquisitoire, le procureur militaire estime qu’il n’y a aucune circonstance atténuante, car « pendant ce procès aucun des accusés n’a demandé pardon », ils n’ont exprimé aucun remord ni regret au cours des débats. « Ce qui m’a frappé durant ce procès, c’est l’absence de toute considération de la douleur des familles des victimes », a regretté le procureur militaire.

Le procureur se satisfait néanmoins d’avoir vu la justice « se saisir de cette affaire, même 34 ans après les faits pour permettre de dire le droit ». Mais pour Luc Damiba, secrétaire général du comité mémorial Thomas Sankara, les peines requises sont décevantes.

Pour Luc Damiba, secrétaire général du comité mémorial Thomas Sankara, les peines requises sont décevantes

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