RDC: la marche contre une taxe « illégale » dispersée à Kinshasa

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Des dizaines des manifestants, protestant à l’appel d’un collectif catholique contre une taxe illégale et contre le choix des membres de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), ont été dispersés mercredi par la police à Kinshasa, la mairie ayant interdit leur marche. Des policiers ont utilisé bâtons et matraques contre les manifestants dans le quartier populaire et contestataire de Camp Luka, dans le centre de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a constaté une équipe de l’AFP. Ils ont arraché des banderoles et des affiches.

Les manifestants brandissaient des calicots et des banderoles contre la taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM) et contre les membres de la Céni. « RAM est un vol » pouvait-on lire sur une banderole.

La taxe RAM est jugée « illégale » par le Parlement, mais elle est toujours prélevée sur les téléphones de la majorité des Congolais qui vivent avec 1,25 dollar par jour.

Cette taxe frappe depuis la fin 2020 que les possesseurs de téléphones portables, qui doivent payer de 0,17 à 1,17 dollar par mois sur leur appareil, somme prélevée automatiquement sur les recharges d’unités téléphoniques. La somme varie selon que le téléphone est de la génération 2G, 3G ou 4G; elle s’ajoute à une taxe sur le roaming prélevée de la même manière, de un à sept dollars/an.

Selon le site La Libre afrique, l’ODEP (Observatoire de la Dépense publique, une ONG respectée), estime que la taxe avait rapporté 266 millions de dollars en tout. Cette somme est répartie à 40% pour le Trésor public, 30% pour le prestataire du service 5C Energy, 25% à l’ARPTC (Autorité de régulation des postes et télécoms) et 5% pour les entreprises téléphoniques. Or, selon l’ODEP, il n’y a aucune trace des 40% revenant à l’Etat dans le budget 2021, ni dans le projet de budget 2022. Et aucune trace de la taxe RAM dans les actes générateurs de l’ARPTC, selon La libre Afrique.

Par ailleurs le choix des membres de la Céni est contestée par les Eglises catholique et protestante qui reprochent à son président d’être un proche du chef de l’Etat Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo.

« Le Comité laïcs de coordination (CLC) exige la suppression de cette taxe illégale parce qu’elle frappe sévèrement les bourses modestes et constitue un système de spoliation à ciel ouvert organisé par les autorités », a déclaré à l’AFP Hervé Diakiese, porte-parole de cette organisation de laïcs catholique.

« La même logique d’opérer dans l’illégalité et de passer outre des revendications du peuple, qui a prévalu dans le forcing dans le choix des membres de la Céni, s’étend de la même manière dans les prélèvements illégaux du RAM », a déploré M. Diakiese, qui promet « d’autres manifestations ».

Le CLC avait organisé en 2017-2018 des manifestations contre le président Joseph Kabila, resté au pouvoir au delà de la fin de son mandat en décembre 2016. M. Kabila a finalement quitté la tête de l’Etat en janvier 2019 après la victoire de Félix Tshisekedi à la présidentielle de décembre 2018. 

Mardi à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu dans l’est de la RDC, une manifestation pour protester contre la criminalité a fait quatre morts.

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