RDC: les breakdancers de Goma se battent pour professionnaliser leur art

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                Nous prenons la direction de l’est de la République démocratique du Congo pour la suite de notre série sur les artistes africains à la conquête du continent. Goma est l’une des principales villes du pays et la ville est aussi devenue en quelques années un pôle de la danse urbaine en RDC. Faradja Batumike et Meshake Lusolo veulent changer l’image de leur art et faire briller le breakdance.                </p><div readability="113.93199520671">

                <p>Au foyer culturel de Goma, sport, musique et danse se mélangent. Chacun pratique son activité seul ou en groupe, une équipe vient de commencer son entraînement. C’est là, sur le macadam des terrains de basket, que Faradja Batumike a fait ses premiers spectacles de danse.

« Rien n’est dédié uniquement à la danse à Goma. Même si c’est un métier culturel, la danse n’est pas trop comme d’autres disciplines. Au foyer ici, ils donnent des cours de danse, mais les musiciens qui ont appris ici ont beaucoup plus évolué que les danseurs qui sautent dans tous les sens. »

En 2007, Faradja hésite encore entre le football et la danse. À l’époque, le métier de danseur n’existait pas et lui-même ne pensait pas en faire une carrière un jour.

« D’abord chez nous, il n’y avait pas beaucoup de danseurs professionnels. Il n’y avait pas d’école de danse, il n’y avait rien. Il y avait juste des événements tout le temps, des shows, on dansait dans des écoles. C’était juste pour la popularité. Après j’étais un peu en solo et en 2009/2010 on a créé un autre groupe avec d’autres amis. C’est le groupe avec lequel j’ai évolué jusqu’à présent. À part ça, on a commencé à montrer l’image positive de la danse. À travers ça, on a encadré des enfants de la rue. L’idée, c’est d’élever les jeunes mais surtout de contribuer au changement social et positif à travers la danse, de faire connaître le hip-hop et l’esprit du hip-hop. »

Devenu ambassadeur du hip-hop, il organise son premier festival, le Goma Dance Festival, en 2017, en même temps qu’il enchaîne les voyages, d’abord dans la région des grands lacs puis en Europe.

Une discipline encore mal considérée en RDC

Dans une des salles du foyer culturel, des danseurs répètent leur dernière création. Une pièce qui évoque le temps présentée par la Street Dancers Company à Kigali en juillet dernier. Les figures de breakdance se combinent aux mouvements de hanche inspirés de la rumba, la célèbre danse et style musical congolais. Au centre, l’un des représentants de la compagnie, Meshake Lusolo.

« Chez moi à la maison, mon papa ne voulait pas que je danse. Il pensait que c’était du banditisme, donc tu n’es rien dans la communauté. Je voulais d’abord prouver à mon papa et ma famille que je pouvais réussir dans ça. »

Comme Faradja, il est devenu au fil des années un activiste de la danse. Depuis 2015, Meshake organise le Dance Ya Kivu, un festival de hip-hop à Goma, et participe à des battles, souvent à l’étranger.

« Quand on part en Europe, on essaie de puiser ce qu’on n’a pas, et on ramène, on essaie d’utiliser la force là-bas pour pousser les gens à faire mieux et à changer de mentalité, parce qu’on a mauvaise réputation. Quand on part là-bas et qu’on rentre, ça donne le courage aux autres artistes de pousser encore plus, parce que demain c’est leur tour. »

Malgré le manque de moyens, d’espaces et d’infrastructures, Faradja Batumike et Meshake Lusolo espèrent bien faire de Goma la capitale nationale de la danse urbaine. Et pourquoi pas la capitale africaine ?

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