RDC: les dangers de la «bombé», une drogue artisanale de plus en plus consommée à Kinshasa

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En République démocratique du Congo (RDC), une nouvelle drogue artisanale fabriquée à partir de résidus de pots d’échappement inquiète les autorités. La « bombé » est apparue en 2019, mais sa consommation, particulièrement toxique, se répand dangereusement parmi les jeunes Kinois.

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Des jeunes hilares, en pleurs, se grattant, dormant debout tels des zombies, voilà comment sont décrits les effets de cette nouvelle drogue. Une drogue bon marché et très puissante, d’où son nom « bombé ». Les autorités tirent donc la sonnette d’alarme et annoncent la mise en place d’une commission pour mieux comprendre et lutter contre ce phénomène.

Cette drogue est surtout très toxique, s’alarme le docteur Yves Bunkulu, ministre congolais de la Jeunesse: « C’est une drogue qui est extraite des résidus des tuyaux d’échappement qui sont constitués de monoxydes de carbone, de monoïdes d’azote ainsi que d’oxyde de soufre, mais également de nutriline. Le constituant n’est pas bon pour la santé. »

Une catastrophe de santé publique

Inquiet, ce ministre en a discuté avec son collègue du ministère de la Santé. Ensemble, ils ont décidé de lancer une étude pour connaître la composition exacte de cette drogue et trouver la riposte adaptée.

« En tout cas, c’est une question qui nous préoccupe. Nous allons présenter au gouvernement les différentes propositions et les mesures à prendre pour décourager la consommation de ce stupéfiant. Déjà, le message que je dois lancer à la jeunesse, c’est d’arrêter la consommation de ce type de drogue », explique le docteur Yves Bunkulu.

Les conséquences sont incalculables pour la société, prévient Patrice Milambo, le directeur du Programme national de lutte contre les toxicomanies et les substances toxiques (PNLCT): « C’est vraiment une urgence, une catastrophe de santé publique. On aura la délinquance juvénile qui va augmenter, le viol, le banditisme et la violence sexuelle. C’est un phénomène compliqué. »

Comprendre les raisons de la consommation de cette nouvelle drogue

Patrice Milambo veut comprendre ce que recherchent ceux qui consomment la « bombé » : « Les drogues ne se prennent pas comme ça, il y a beaucoup de raisons à la prise. Il y a ceux qui prennent pour dormir dehors pour ne pas sentir le froid, pour tuer, pour faire du mal. Tous ces paramètres, nous allons les approfondir à l’issue des évidences de l’enquête. »

Selon la police, les pourvoyeurs de cette drogue sont le plus souvent des mécaniciens, qui agissent à l’insu des propriétaires des véhicules sur lesquels ces composants sont collectés.

Les autorités s’inquiètent également des conséquences sur la santé d’une autre drogue appelée « muvuke », une plante consommée par inhalation dans le Nord-Kivu, dans l’est de la RDC.  

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