RDC: les réactions se multiplient après les révélations de l’enquête Congo Hold-up

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                Depuis vendredi dernier, 19 médias partenaires dont RFI et 5 ONG vous relèvent les dessous du détournement de 138 millions de dollars au profit de l’ancien président Joseph Kabila et de son premier cercle. Les réactions se sont multipliées, surtout en RDC, alors qu’à l’international, seule l’ancienne puissance coloniale a réagi au plus haut niveau.                </p><div readability="160.79527677497">

                <p>Il n’a pas fallu attendre longtemps. 24 heures à peine après les premiers papiers qui ont mis en lumière ce scandale qui ébranle l’ancien président Joseph Kabila et son entourage, le ministre de la justice de RDC, Rose Mutombo, a réagi au quart de tour.

Elle a donné dès samedi – un jour férié en RDC – « injonction » au procureur général près la Cour de cassation « d’ouvrir une instruction judiciaire » sur les récentes « révélations de détournements de fonds publics impliquant plusieurs sociétés congolaises et internationales ». La ministre lui a également demandé d’engager, le cas échéant, des poursuites.

« C’est normal », a estimé Jules Alingete, le chef des services de l’Inspection générale des finances (IGF). « Quand il y a de telles révélations, le gouvernement ne peut qu’instruire la justice d’ouvrir les enquêtes, en se basant sur les éléments mis sur la place publique », a-t-il justifié.

La publication de l’enquête Congo Hold-up semble être tombé à point nommé pour le pouvoir pour le président Félix Tshisekedi, qui semblait traverser une mauvaise passe. Début d’un mouvement de contestation d’une Céni décriée par l’opposition, la société civile et les deux principales confessions religieuses du pays, une insécurité persistante dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, plus de six mois après été placés sous l’état d’urgence… Beaucoup sur les réseaux estiment que ce scandale est du « pain béni » pour Tshisekedi.

« C’est étonnant que le gouvernement ait réagi dès la publication des premiers papiers d’une série de papiers qui vont continuer de paraître jusqu’à la fin de la semaine, et sans encore avoir compris les tenants et les aboutissants de cette affaire », a réagi Jason Stearn, le directeur du GEC, le Groupe d’étude sur le Congo et qui a participé à l’enquête Congo Hold-up. « Je pense que pour une fois, les proches de Tshisekedi sont contents que le focus ne soit pas sur eux, mais sur Joseph Kabila », a-t-il ajouté.

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Au Congo, la tempête suscitée par la publication des premières conclusions de « Congo Hold-up » n’est pas près de s’éteindre, notamment sur les réseaux sociaux où de simples anonymes et des personnalités plus connues ne cachent pas parfois « le dégoût » que leur inspire ce scandale.

La coalition d’opposition Lamuka de Martin Fayulu et d’Adolphe Muzito, elle a eu cette réaction qui met dos-à-dos tous ses adversaires d’hier et d’aujourd’hui : « la RDC est immense coffre-fort gardé par des brigands ».

Quant à La Lucha, il a « salué » dans un tweet, « la diligence du gouvernement et de la justice pour l’ouverture d’une enquête judiciaire contre les personnes et les entités citées dans #CongoHoldUp ». « Nous ferons tout en tant que citoyens pour que ce ne soit pas un autre simple effet d’annonce », a promis ce mouvement citoyen très connu pour son engagement sur le terrain.

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<p>Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement s’est voulu rassurant. «<em> Le moment venu, la justice se saisira du dossier, les personnes qui sont concernées seront invitées pour donner leurs éléments parce qu’il faut faire la différence entre une enquête journalistique et une enquête judiciaire</em> », a-t-il assuré.</p><h2>Le groupe BGFI sort de son silence</h2><p>La BGFI s'était muré dans le silence jusqu'ici, contacté au niveau du siège à Libreville, à Kinshasa, Paris, partout où elle pouvait être joint, elle n’avait pas voulu donner suite aux questions de l’enquête Congo Hold-up.

Mais depuis près d’une semaine maintenant, les révélations qui se sont succédé ont mis en lumière le rôle central joué par sa filiale de RDC, dans le pillage de l’État congolais au profit de premier cercle de Joseph Kabila.

À lire aussi : Congo Hold-up: la BGFI, au cœur du scandale, brise le silence

Elle a donc sorti un communiqué menaçant de poursuites toute personne participant « à la divulgation d’informations confidentielles ou privées » qui le concerne, tout en disant « désapprouver toutes pratiques douteuses » qui ont « pu être commises par le passé » au sein de sa filiale de Kinshasa.

« Une bonne chose », estime le Premier ministre belge

Le premier haut responsable étranger à avoir réagi à l’enquête Congo Hold-up selon le quotidien belge Le Soir daté du 19 novembre, a été le Premier ministre de Belgique, l’ancienne puissance coloniale et qui a gardé des liens très proches avec son ancienne colonie.

« La révélation de cette affaire est une bonne chose », a estimé Alexander De Croo dès la parution des premiers articles sur cette enquête, en assurant que « toute forme de corruption est totalement inacceptable, a fortiori quand elle se fait au détriment des plus vulnérables comme ici ».

« Il est dans l’intérêt même de la RDC que cette affaire soit révélée au grand jour », a poursuivi le chef du gouvernement belge. « Cela devrait aider le président actuel (Félix Tshisekedi) et son gouvernement à progresser dans la lutte contre la corruption, une lutte que soutient notre pays », a-t-il observé.

M. De Croo a été ministre de la Coopération au développement entre 2014 et 2020 en Belgique, au moment où Joseph Kabila jouissait de dernier mandat. Son pays avait décidé en 2018 « de réorienter » une partie importante de son aide au développement en faveur de l’humanitaire et des programmes d’urgence « en réponse aux signaux inquiétants que nous recevions de plus en plus au sujet du régime Kabila et en raison notamment de la détérioration du contexte politique et de la rupture de confiance entre les autorités et la population ».

Deux ans plus tôt, en 2016, des révélations du lanceur d’alerte, Jean-Jacques Lumumba, ont mis en exergue les pratiques douteuses de la BGFI Bank RDC, au cœur du scandale Congo Hold-up aujourd’hui.

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