RDC: L’opposition et la société civile manifestent contre le Rwanda et le M23

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                Les manifestations se succèdent à Kinshasa contre la réactivation de la rébellion du M23 dans l’est de la République Démocratique du Congo, au Nord-Kivu, aux prises avec l'armée congolaise. Après un rassemblement devant l’ambassade du Rwanda, accusé de soutenir cette rébellion, quelques milliers de manifestants, dont l’opposant Martin Fayulu, ont pris la rue vendredi 3 juin. Ils ont demandé également une plus grande implication de la communauté internationale dans la gestion de cette crise.                </p><div readability="95.974796534524">

                <p><em>Avec notre correspondant à Kinshasa,</em> <strong>Patient Ligodi</strong>

Avec une chemise blanche, lunettes noires, le rappeur Lexxus Legal est mobilisé aux côtés de l’opposant Martin Fayulu. L’artiste qui s’illustre davantage par son engagement politique que par sa musique ne veut qu’il y ait d’amalgame :

« Nous n’avons aucun problème avec le peuple rwandais. Nous sommes mariés dans l’histoire, nous serons voisins jusqu’au bout. Notre problème principal, c’est Monsieur [Paul] Kagame avec son régime qui est en train de brimer le Congo et qui cherchent l’anéantissement du congolais et l’annexion de son territoire. »

Le député de l’opposition Jean-Baptiste Kasekwa a aussi participé à la marche. Pour lui, toutes les condamnations de la communauté internationale contre le M23 ne suffisent pas : « Nous demandons que tous ces gens soient jugés, qu’un tribunal international pour le Congo soit institué pour que ces gens soient jugés pour tout le mal qu’ils ont fait au peuple congolais ».

De son côté, Martin Fayulu demande une implication de la communauté internationale pour une réconciliation entre les rebelles rwandais actifs dans l’est de la RDC et le gouvernement de Paul Kagame : « Nous demandons à l’ONU de tout faire et d’exiger du gouvernement Rwandais et du gouvernement Ougandais de rapatrier leurs rebelles, qu’ils rentrent chez eux. »

La proposition de Martin Fayulu se référait alors au conclave de Nairobi, tenu en avril dernier entre les dirigeants de la communauté de l’Afrique de l’Est sur les groupes armés qui écument cette partie du continent. À partir de cette rencontre, la RDC a entamé des discussions directes avec les groupes armés congolais. Mais à part Kinshasa, seulement Bujumbura a tendu la main aux rebelles burundais actifs dans l’est de la RDC.

« Nous marchons pour soutenir nos militaires »

Sous un soleil de plomb à Kinshasa, les voitures et les motos ont peu à peu laissé la place à quelques milliers de manifestants. Parmi eux, il y a Daniel. Drapeau tricolore congolais autour du cou, ce jeune d’une vingtaine d’années ne pouvait pas rester à la maison, dit-il :

« Nous avons marché pour soutenir nos militaires qui sont sur la ligne de front et qui sont en train de lutter. Nous avons marché également pour nos frères qui sont dans l’Est du pays et qui subissent les atrocités. Nous avons marché pour dire que nous sommes ensemble ».

Banderoles et pancartes déployées, les manifestants chantent également contre Paul Kagame. Selon eux, l’instigateur de ces nouvelles violences n’est autre que le président Rwandais.

Devos Kitoko est secrétaire général de l’ECIDE, le parti de Martin Fayulu : « Le M23 n’existe pas. C’est un montage grossier du gouvernement rwandais pour justifier la déstabilisation de notre pays »

« Nous demandons à Félix Tshisekedi de rompre tous les contrats économiques » avec Kigali

Devos Kitoko estime également que Kinshasa n’est pas si ferme vis-à-vis de Kigali. Selon lui, d’autres mesures doivent être prises. « Nous demandons à Félix Tshisekedi de rompre tous les contrats économiques et financiers qu’il a signés avec Paul Kagame. Il doit également expulser toutes affaires cessantes l’ambassadeur du rwandais. Trop c’est trop, ça doit s’arrêter ».

La manifestation qui a commencé timidement s’est terminée par un incident entre manifestants et forces de l’ordre. La tension a fini par baisser après quelques minutes. « Le message est passé », se réjouit un des organisateurs.

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