RDC / Ouganda: Bundibugyo, première porte en Ouganda des réfugiés congolais victimes des ADF [2/6]

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                Deuxième épisode de notre série de reportages sur l’insécurité liée aux attaques du groupe rebelle des ADF. Direction l’ouest de l’Ouganda, dans le district de Bundibugyo, frontalier avec la province du Nord-Kivu en RDC. À quelques kilomètres de la frontière, le centre de transit de Bubukwanga est devenu la première porte d’entrée en Ouganda pour les réfugiés congolais fuyant la violence des ADF.                </p><div readability="96.031561996779">

                <p>À l’appel du déjeuner, les quelques 800 réfugiés du centre de transit se pressent devant les cuisines. Parmi eux, dans la file d’attente, Siffa, qui a fui quelques semaines plus tôt les attaques récurrentes de présumés ADF dans son village, à proximité de Béni. « <em>Ils viennent, ils nous attaquent, on court dans la cité se réfugier,</em> raconte Siffa. <em>Après une semaine, on vient nous dire que les ADF ne sont plus là et on rentre. À plusieurs reprises ! Mais cette fois, j’étais très fatiguée de cette situation, c’est pour ça que j’ai pris la décision de venir me réfugier ici. </em>»

Tous les jours, plusieurs dizaines de nouveaux demandeurs d’asile sont enregistrés. À l’entrée, une mère et ses trois enfants attendent d’être installés dans les grandes tentes blanches qui servent de dortoirs, quelques sacs de vêtements à la main. « Une attaque a éclaté, leurs voisins ont été tués et eux ont réussi à s’échapper, explique Hedwig Arineitwe, la commandante qui accueille les nouveaux arrivants venus de Boga en Ituri. Je leur ai expliqué qu’ils allaient faire un test Covid, et ensuite, nous les enregistrerons et leur donnerons un peu de matériel, comme un sceau, des bassines et des couvertures. »

Des afflux de réfugiés parfois soudains

La plupart des arrivants sont originaires des provinces congolaises voisines de l’Ituri et du Nord-Kivu, dans la zone d’action du groupe des ADF responsable, l’année dernière, de 1 200 morts dans cette région selon les Nations unies. « Ils traversent par le lac Albert, la rivière Semuliki ou encore le poste de Busunga, juste à côté, affirme Hedwig Arineitwe. Une fois sur place, nous faisons une première évaluation. Beaucoup fuient les ADF, certains parlent aussi de conflits inter-ethniques, mais pour la plupart, la cause principale du départ reste les ADF. » 

Fermé pendant plusieurs années, le centre de transit a rouvert en 2021 afin de faire face à des arrivées quotidiennes et parfois soudaines : comme la traversée de la frontière, début février, de plusieurs milliers de Congolais après une attaque des ADF dans la ville frontalière de Nobili. « On a pensé qu’il était important de garder un niveau de préparation en cas d’afflux, explique Joel Boutroue, représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Ouganda. Donc, depuis l’année dernière, le centre a reçu plus de 8 000 nouveaux arrivants, au gré des opérations entre les rebelles et les différents groupes armés, et les forces congolaises et ougandaises. Mais ce que l’on sait, c’est que dès qu’il y a des opérations militaires, ça se traduit par des réfugiés. » 

Les réfugiés restent en moyenne deux semaines dans le centre de transit, avant d’être envoyés dans des camps permanents, comme ceux de Kyaka et de Rwamwanja.

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