Redditions de masse au Nigeria: la peur des habitants de Maiduguri [3/3]

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                Depuis la mort du chef historique de Boko Haram Abubakar Shekau en mai 2021, 20 000 personnes se sont rendues aux autorités nigérianes, dont environ 1 200 combattants et commandants jihadistes. Faute d'alternatives, ceux-ci ont été répartis dans trois camps de transit, en plein cœur de la capitale régionale de Maiduguri. Une situation qui terrifie les habitants de la ville                </p><div readability="76.817843866171">

                <p>Début décembre, un tir de mortier a touché la maison de Bukar Modu-Kullima, situé dans le quartier de 1000 Housing Estate, en bordure de Maiduguri. « <em>C'est arrivé vers 6h15. Je venais de rentrer de la mosquée, </em>raconte-t-il. <em>Je me suis allongé et j'ai senti que ma maison commençait à trembler, puis les vitres ont commencé à se briser. Ma femme et ma fille de six mois ont commencé à hurler, je me suis précipité pour les aider à sortir.</em> »

L’obus s’est enfoncé dans sa cour, sans faire de victime. Mais cette attaque a fait monter la psychose dans le quartier, car ses habitants sont persuadés que ce tir visait le camp de transit qui abrite depuis quelques mois des dizaines de repentis de Boko Haram juste à côté de chez eux.

« C’est la première fois que notre quartier est touché par un tir de mortier même si nous entendons des détonations depuis longtemps, depuis 2013 ou 2014, note Mallam Babakura, l’un des représentants des résidents de 1000 Housing Estate. Forcément ç’a créé un peu de panique. »

« Ils sont dangereux »

Les dortoirs qui servaient habituellement à accueillir les pèlerins en partance pour La Mecque à proximité de l’aéroport de Maiduguri ont été réquisitionnés pour abriter les anciens combattants jihadistes, qui ont quitté la forêt de Sambisa après la mort de leur chef, Abubakar Shekau, au mois de mai.

Enseignant dans l’école primaire qui jouxte le complexe, Ibrahim ne cache pas son animosité vis-à-vis de ces inquiétants voisins. « Nous n’avons pas vraiment été informés. Nous avons juste remarqué leur présence. Ils ont monté des tentes pour eux, on a vu des gens entrer et sortir et nous avons compris que quelque chose se passait. Nous ne savons pas si ces gens sont vraiment repentis ou s’ils ont juste été forcés de sortir de la brousse. Boko Haram, ça signifie “l’éducation occidentale est prohibée“, mais c’est exactement ce que nous apprenons à nos élèves ! Ces gens détestent ce que nous faisons et ils sont dangereux. »

Les plans des autorités de l’État de Borno concernant la réhabilitation des anciens combattants de Shekau restent flous. Mais les alternatives manquent puisque les capacités du programme de déradicalisation « Safe Corridor » de l’armée sont déjà dépassées.

► À écouter aussi : 

• Redditions de masse au Nigeria: les rescapées de Boko Haram [1/3]

• Redditions de masse au Nigeria: Moussa, ancien combattant de Shekau [2/3]

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