Rwanda: le mémorial de Murambi, lieu marqué par le génocide des Tutsis

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                Depuis le 9 mai, le procès du Rwandais Laurent Bucyibaruta s’est ouvert à Paris. Ancien préfet de Gikongoro, région du sud-ouest du Rwanda, entre 1992 et 1994, il est accusé de génocide et de complicité de crimes contre l’humanité. Les juges vont devoir déterminer s’il a joué un rôle dans les nombreux massacres organisés dans sa préfecture pendant le génocide des Tutsis de 1994, notamment celui de l’École technique de Murambi. Aujourd’hui, le lieu a été transformé en mémorial.                </p><div readability="82.541194845763">

                <p><em>De notre correspondante à Kigali,</em>

Sur les murs de l’ancienne École technique de Murambi, des photos en noir et blanc et des écriteaux, qui reviennent sur l’histoire de la région de Gikongoro, marquée dès le début des années 1960 par des massacres de Tutsis. « Dans les années 1963-1964, ici dans la préfecture de Gikongoro, on a fait tuer à peu près 20 000 Tutsis », raconte Stanley Mugabarigira, guide et responsable du mémorial. « Et c’est la première fois qu’on a annoncé ce qui s’est passé à Gikongoro était un génocide. »

En mars 1964, le président rwandais Grégoire Kayibanda prononce effectivement pour la première fois le mot génocide, dans un discours quelques semaines après les tueries de Gikongoro. Bien avant 1994, la région a été aussi marquée par des déplacements forcés de Tutsis. « Ils ont été installés par la force dans une région inhabitée, inhospitalière, infestée par des mouches tsé-tsé et des moustiques. Ils voulaient les exterminer par la mauvaise vie », poursuit le guide.

« Une preuve tangible de la mort atroce des Tutsis »

Le mémorial préserve également la mémoire dizaine de milliers de victimes du massacre de l’École technique de Murambi, le 21 avril 1994. Sur la pelouse, des plots indiquent l’emplacement des charniers, et dans les anciennes salles de classe, des habits, et même des corps, sont exposés. « Cette partie est composée d’une pièce qui abrite des corps non détériorés de Tutsis tués et exhumés ici, à Murambi », indique Stanley Mugabarigira. « Donc c’est une preuve tangible de la mort atroce des Tutsis pendant le génocide de 1994. »

À Gikongoro, aujourd’hui renommée Nyamagabe, les victimes attendent que tous les responsables des massacres soient traduits en justice. La longue liste de leurs noms est inscrite sur une stèle derrière le mémorial. « Certains sont en prison, certains sont morts, d’autres ont fini leur punition et ont réintégré la société. Les autres continuent de se cacher dans différents pays », explique le responsable du mémorial.

Ici, les noms des génocidaires sont entourés de barreaux de fer, afin que leurs pensées restent emprisonnées dans la pierre.

►À lire aussi : Génocide des Tutsis au Rwanda : le témoignage des rescapés de Murambi

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