Saison culturale dans le Grand Sud de Madagascar: la FAO insiste sur l’accès aux semences

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Il faut restaurer les moyens de subsistance des habitants du Grand Sud de Madagascar. Dans cette zone semi-aride en proie à une grave sécheresse, depuis plus de trois ans, plus d’un million de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire d’urgence. Cette aide doit s’accompagner de solutions sur le long terme pour s’adapter à cette sécheresse de plus en plus sévère.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Alors que cette région du pays entre dans sa principale saison agricole, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a tenu, ce lundi 25 octobre, une conférence de presse pour faire un état des lieux de la situation. Elle insiste, entre autres, sur la mise à disposition des semences de qualité pour aller vers un relèvement de l’agriculture dans cette zone.

Plus d’un million d’agriculteurs de l’extrême sud de Madagascar sont dans le besoin de semences pour la grande saison culturale de fin d’année et la contre saison de l’année prochaine, selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire.

L’insécurité alimentaire chronique qui a contraint certains ménages très vulnérables à consommer leurs semences et la paupérisation des communautés accentuent le problème d’un système semencier encore très informel dans cette zone.

« La question des semences est très importante, l’agriculture étant l’activité principale dans le sud de Madagascar. Le sud a une particularité, c’est qu’il y a des semences qu’on peut trouver à Madagascar mais qui ne s’adaptent pas forcément au climat du sud du pays et donc, avec la sécheresse qui continue, on a des difficultés à les reproduire sur place et si on les reproduit ailleurs, on n’a pas beaucoup de garanties que ça va nécessairement tenir là-bas, expliqueMbuli Charles Boliko, le représentant de la FAO à Madagascar, aux Comores, à Maurice et aux Seychelles. Donc, il faut un mélange entre la production locale et l’import pour être sûr que les gens ne soient pas en difficulté. Nous avons déjà importé 20 tonnes de sorgho et avec 40 tonnes qui sont en train d’arriver, ce sera largement suffisant pour tous ceux qui veulent cultiver le sorgho pour la grande saison et la contre saison de l’année prochaine. Le plus important, c’est de créer un système de sécurité semencière dans le pays, toujours en travaillant avec les institutions gouvernementales, pour que ce problème soit résolu de manière un peu plus durable ».

Des précipitations déficitaires

D’après le ministère de la Météorologie, les précipitations ont été déficitaires dans le Grand Sud pour le mois d’octobre et le seront encore au mois de novembre. Mais elles seront supérieures à la normale pour la période de décembre à février. 

Le relèvement des populations et de l’agriculture passe aussi par un aménagement de cette région, souvent délaissée par les gouvernements qui se sont succédé.

« Il y a toute la question de l’infrastructure avec la mise en place de systèmes d’extraction d’eau pérennes. Mais il y a aussi les routes. Quand les gens produisent, il faut qu’ils soient capables d’écouler leurs productions vers les marchés et s’il n’y a pas de bonnes routes, cela constitue aussi un goulot d’étranglement », explique Mbuli Charles Boliko.

Fin septembre, le président de la République, Andry Rajoelina, a annoncé qu’une grande partie des 332 millions de dollars alloués par le FMI, le 23 septembre, sera destinée à la construction d’un pipeline dans le Grand Sud et à la réhabilitation d’une portion de RN13 qui relie la ville d’Ihosy à celle de Betroka.

Si 67 500 ménages vulnérables sont soutenus par la FAO avec, entre autres, la distribution de semences et d’intrants agricoles pour la grande saison culturale, 24 millions de dollars manquent pour atteindre les 224 000 ménages prévus par l’agence onusienne. 

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