Sénégal: la convocation à risque de l’opposant Barthélémy Dias au tribunal

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Au Sénégal, une bataille de déclarations entre majorité et opposition en vue des élections locales du 23 janvier 2022. La coalition de l’opposition Yewwi Askan Wi, formée autour d’Ousmane Sonko et Khalifa Sall, dénonce le rejet de plusieurs listes par les préfectures et la convocation au tribunal ce mercredi 10 novembre de Barthélémy Dias, tout juste investi candidat de cette coalition pour la mairie de Dakar, provoque des crispations.

Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

C’est un dossier qui remonte à 2011. L’attaque de la mairie de Mermoz Sacré-Cœur par de supposés « nervis » du Parti démocratique sénégalais (PDS), des hommes de main. Des coups sont tirés. Un homme, Ndiaga Diouf, est tué. C’est dans cette affaire que Barthélémy Dias – déjà condamné à six mois de prison ferme en 2017 – est convoqué à la cour d’appel ce mercredi matin 10 novembre. Le candidat à la mairie de Dakar se rendra au tribunal, mais il a appelé « à la résistance ». « Nous sommes malheureusement dans un vaste et vulgaire complot politique. Ce complot politique ne passera pas et à ce titre, je demanderai aux Sénégalais et particulièrement à cette jeunesse sénégalaise de se mobiliser fortement ce mercredi 10 novembre et d’envahir le tribunal de Dakar. »

« Tentatives annoncées de plonger notre pays dans la violence »

Un appel relayé aussi par Ousmane Sonko et Khalifa Sall. « Cette citation à comparaître n’est que la suite logique du renvoi de l’affaire », depuis le mois de juillet, a affirmé le procureur général. « Manipulation », « mauvaise foi », répond de son côté la coalition de la majorité, Beno Bokk Yakaar Mor Ngom, ministre conseiller du chef de l’État en conférence de presse mardi. « Beno Bokk Yakaar demande solennellement à l’opinion nationale de dénoncer les appels à la violence lancés par l’opposition radicale et ses tentatives annoncées de plonger notre pays dans la violence, l’instabilité et la terreur. »

Un climat qui fait craindre des tensions : les émeutes meurtrières du mois de mars avaient été déclenchées par la procédure visant Ousmane Sonko, qui reste sous contrôle judiciaire.

À lire aussi : Plusieurs listes d’opposition rejetées au Sénégal, les candidats crient au « sabotage »

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