Shebabs en Somalie [1/3]: un déserteur témoigne

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                Ces deux dernières années, en pleine crise politique en Somalie, ils ont regagné du terrain. Les shebabs continuent d'attaquer, d’imposer leur loi dans les zones qu’ils contrôlent et de recruter, parfois de force. Témoignage d'un jeune déserteur de 22 ans après un an dans les rangs des shebabs. Son prénom a été modifié pour des raisons de sécurité.                 </p><div readability="74.093213728549">

                <p><em>De notre envoyée spéciale à Baidoa, au sud-ouest de la Somalie, </em>

C’est en rendant visite à sa famille dans le village de Berdale au sud de Baidoa qu’Abdullahi a été recruté par les shebabs. Il n’avait pas 20 ans : « Ils ont des équipes qui mobilisent les jeunes. Et ils font passer leurs messages à travers votre famille ou vos amis. C’est ainsi qu’on m’a fait savoir que si j’acceptais de devenir chauffeur pour les shebabs, j’allais gagner beaucoup d’argent. Et on m’avait promis que je ne combattrais pas. » 

Au chômage et poussé par certains de ses proches inquiets de la réaction des shebabs en cas de refus, Abdullahi accepte : « Je n’avais aucune liberté de mouvement. Je ne pouvais pas téléphoner quand je le voulais. La nuit, j’avais interdiction d’allumer les phares de la voiture, car ils craignaient les bombardements. On passait parfois des nuits entières à se cacher dans la brousse. Je me sentais sous pression. » 

Au lieu des 400 dollars mensuels promis, Abdullahi est payé 100 dollars. Et se retrouve finalement une arme à la main : « Un jour, j’étais en train de conduire et ils m’ont ordonné de me garer, de prendre une arme et de participer à la guerre. J’étais choqué car je n’avais reçu aucun entraînement. Je ne savais pas quoi faire. Et ce qui m’a le plus choqué, c’est de voir un combattant se faire tirer dessus et mourir sous mes yeux. » 

Crainte des représailles

Une fois seulement Abdullahi a dû prendre les armes, mais il en rêve encore. Un an après son recrutement, le jeune homme parvient à s’échapper et rejoint Baidoa. Désormais, il craint les représailles : « Je me sens en danger. Car quand quelqu’un déserte les shebabs, la plupart du temps, il devient une cible : ils essaient de le retrouver. Parfois pour me rassurer, je me dis que je n’étais qu’un chauffeur, que je n’avais pas beaucoup d’informations et n’étais pas très impliqué. Mais je ne peux plus faire confiance à personne. » 

Après une formation d’électricien dans un centre de réinsertion, Abdullahi travaille désormais comme taxi. Mais il refuse les courses en dehors de la ville, dans les zones où opèrent les shebabs. Il estime qu’il ne sera plus jamais en sécurité à moins de quitter son pays.  

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