Shebabs Somalie [3/3]: le fléau des recrutements forcés

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                Ces deux dernières années, et sur fond de grave crise politique en Somalie, les insurgés islamistes ont regagné du terrain. Selon l’ONU, les cas de recrutements forcés d’enfants ont augmenté cette année par rapport à 2020. Ce qui pousse de nombreuses familles à fuir les zones rurales sous contrôle des shebabs pour la ville.                </p><div readability="98.964595858383">

                <p><em>De notre envoyée spéciale à Baidoa, au sud-ouest de la Somalie, </em>

Zoulikha est mère de sept enfants. C’est pour s’épargner la douleur de les voir rejoindre les shebabs qu’elle a fui son village, dans le district de Berdale, entièrement contrôlé par les insurgés.

« Ils prennent les enfants dès qu’ils atteignent l’âge de 15 ans, souligne-t-elle. Soit en nous menaçant soit en les endoctrinant. Ils les convainquent que s’ils meurent au combat, ils accéderont au paradis. La pression était énorme et j’ai dû partir avant que cela n’arrive. »

En février et avril dernier, le HCR a accueilli à Baidoa deux vagues de déplacés en provenance de cette zone. 7 000 personnes au total, fuyant une campagne de recrutements forcés

« Si les parents refusent de livrer leurs enfants, parfois ils leur infligent des amendes exorbitantes pour les forcer, expliqueAdam Ali Ibrahim, qui coordonne l’accueil des déplacés dans l’État du Sud-Ouest. C’est ainsi que l’on voit des parents obliger leurs enfants à quitter la ville pour revenir au village et rejoindre les shebabs. Ils n’ont pas le choix. Ce sont des populations vulnérables, qui ne sont pas armés et sont entièrement sous le contrôle des shebabs ».

Faire pression sur les familles 

Pour dicter leur loi et garnir leurs rangs de jeunes combattants, les shebabs ne reculent devant rien, déplore Abdullahi Watiin, directeur de cabinet du président de la région Sud-Ouest.

« Les shebabs s’appuient aussi sur les chefs traditionnels pour faire pression sur les familles, décrit-il. Et n’hésitent pas même à mettre certains parents en prison, pour les forcer à faire enrôler leurs enfants. C’est vraiment dur pour eux, et c’est l’une des raisons qui fait que le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter. »

La prison, c’est parfois aussi le sort parfois réservé aux proches de ceux qui osent déserter. Hassan a été recruté de force par les shebabs à 14 ans, puis extirpé de leurs rangs, grâce à l’un de ses oncles. « Quand j’ai déserté, les shebabs ont arrêté mes parents, et ils m’ont appelé pour me dire : “On détient tes proches, si tu veux qu’on les libère il faut revenir.” Je leur ai dit : “Vous pouvez les tuer, je ne reviendrai pas.” Et par chance, ils les ont libérés. »

De ces six mois passés dans les rangs des shebabs, Hassan retient surtout les longues heures de formation idéologique : « Ils me disent : “Ton père n’est pas un bon musulman, ton grand-père non plus. Ce sont nos ennemis. Mais toi, tu es un bon musulman, car tu vas les combattre avec nous.” » Une idéologie, dit-il, qu’il absorbait sans vraiment comprendre à l’époque et dont, devenu jeune adulte, il perçoit l’horreur aujourd’hui. 

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