Somalie: le président Hassan Cheikh Mohamoud a rendu visite aux soldats déployés en Érythrée

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                Après trois ans de démentis ou de déclarations contradictoires, on en sait désormais un peu plus sur les milliers de soldats somaliens envoyés s'entraîner en Érythrée, et dont l'existence même a été longtemps niée par les deux gouvernements. Le nouveau chef de l'État somalien Hassan Cheikh Mohamoud les a rencontrés, ce dimanche 10 juillet 2022, au cours de sa première visite officielle, très médiatisée, en Érythrée.                </p><div readability="96.451956074125">

                <p>Des milliers de soldats, alignés au garde-à-vous sur un terrain militaire érythréen, on ignorait jusque-là où ils étaient précisément. Leurs familles, ces dernières années, s'en étaient d'ailleurs inquiétées, au point d'avoir mis en difficulté l'ancien président somalien Farmajo avec leurs demandes répétées d'information sur leur sort.

Désormais, on sait au moins qu’ils existent. L’ancien gouvernement somalien a longtemps entretenu le doute à leur sujet, niant un jour leur existence puis minimisant leur nombre le lendemain. Or le nouveau président Hassan Cheikh Mohamoud les a solennellement passés en revue dimanche, devant les caméras d’Eri-TV, la télévision érythréenne, en compagnie de son homologue érythréen Issayas Afeworki et de ses conseillers les plus proches. Il leur a parlé, les complimentant d’avoir « achevé leur entraînement », sous-entendant donc qu’ils rentreraient bientôt, comme le demandent leurs familles.

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Cette obscure force somalienne entraînée en Erythrée, longtemps demeurée clandestine, porte un nom. Selon l'ONU, elle est baptisée « Dufaan », ce qui signifie « bourrasque ». Mais d'après le Groupe d'experts des Nations unies, elle ne s'inscrit dans aucun organigramme officiel.

Elle a été formée en 2019, dans des conditions opaques. Les soldats recrutés à l’époque pensaient aller suivre une formation au Qatar, mais c’est en Erythrée qu’ils ont fini par être envoyés. Combien sont-ils ? Aucun chiffre officiel n’a été donné, mais l’ONU parle de 5000 soldats.

Leurs familles disent que des recrues seraient mortes au cours de leur séjour, mais on ignore comment et combien. « Aucune formation militaire ne prend trois ans. Alors, qu’est-ce-qui s’est passé ? », se demande d’ailleurs l’analyste somalien Rashid Abdi. « Il meurt des dizaines de jeunes Erythréens chaque année en camp militaire, où l’entraînement est très dur », avance le journaliste érythréen Amanuel Ghirmai, de Radio Erena, qui par ailleurs dit n’avoir aucune indication sur leur envoi dans le Tigré, comme certains médias l’ont affirmé.

Plusieurs sources évoquent un homme derrière ce projet : Abdirizak Mohamud, un homme de l’ombre du pouvoir somalien. Marié à une Erythréenne, parlant le tigrinya, il est un familier depuis longtemps du très secret dirigeant érythréen.

Pour Asmara, ce genre d’opération est surtout une démonstration de force, explique Amanuel Ghirmai. « Le président érythréen se moque de l’argent, dit-il. Son intérêt est de montrer qu’après avoir formé les Ethiopiens et les Somaliens, il est toujours militairement fort, et même le plus solide de la région. »

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