Sommet du Botswana: la société civile africaine plaide pour un nouveau modèle démocratique

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                Au Botswana, le sommet sur le constitutionnalisme et la limitation des mandats présidentiels en Afrique s'est achevé ce vendredi 8 juillet. Le sommet de trois jours a réuni d’anciens chefs d’État, dirigeants politiques et membres de la société civile à Gaborone, la capitale botswanaise, au chevet d’un continent en pleine crise démocratique. Les participants ont réaffirmé leur engagement à défendre la démocratie à travers une déclaration finale, appelée la déclaration de Gaborone. Bilan de cette rencontre.                </p><div readability="112.43835616438">

                <p><em>Avec notre envoyée spéciale à Gaborone</em>, <strong>Christina Okello</strong>

Après la déclaration de Niamey en 2019, celle de Gaborone réaffirme l’importance de consolider la démocratie en Afrique. Une démocratie en crise à en croire les nombreux pays africains où les présidents tentent d’allonger leurs mandats. Dans le communiqué final, le National Democratic Institute, organisateur de cette réunion, et ses partenaires, ont regretté que la Cédéao ait refusé de mettre en place une limite à deux mandats lors de son dernier sommet en juin.

Pour écarter la possibilité des présidents à vie, les participants à Gaborone ont encouragé les jeunes et les femmes à s’impliquer davantage dans la vie politique de leurs pays, même s’ils reconnaissent que certains chefs d’État empêchent toute alternance démocratique. Face à cette impasse, le NDI a mis l’accent sur des exemples d’anciens chefs d’État qui ont réussi un transfert pacifique du pouvoir, à l’image du nigérien Mahamadou Issoufou. En participation par visioconférence, l’ex-chef d’État, aujourd’hui médiateur dans la crise burkinabé, notamment, a déclaré qu’« il y a bien une vie après le pouvoir ». 

« Bug démocratique »

Face à cette crise du constitutionnalisme en Afrique, certains participants à la conférence, comme Cheikh Fall, directeur de l’ONG Africtivistes, dénoncent un « bug démocratique ». Il répond aux questions de Christina Okello.

Quel bilan faites-vous de l’état de la démocratie en Afrique ?

Cheikh Fall : Le tableau est sombre. On a une petite élite qui arrive au pouvoir et à qui on confie nos voix, mais qui ensuite confisque ce pouvoir-là et l’utilise contre nous. Ça passe par la mise en place des lois, qui passent par les assemblées nationales, avec des majorités mécaniques qui vont voter et sans consultation. Donc, cette méthode de représenter la population est caduque et elle est en train d’abuser plus ou moins les valeurs démocratiques. Donc, tout cela constitue des éléments qui, aujourd’hui, pour moi, pourraient permettre de parler d’un bug de la démocratie en Afrique. Il faut réfléchir sur de nouveaux modèles. 

Le modèle actuel ne fonctionne pas ? Quel modèle pour l’Afrique alors ?

Le modèle qui nous correspond, qui s’appuie sur la démocratie participative, où tout le monde a son mot à dire, où tout le monde participe. Soixante ans après les indépendances, nous n’arrivons toujours à parler des questions de consultations de valeurs et des acquis démocratiques ou de limitations des mandats, ou de préservation du pouvoir à vie. Dans certains pays, ils ont connu que deux présidents, dans d’autres, ils n’en ont connu une vingtaine parce qu’il y a eu une série de coups d’États. Il nous faut imaginer un modèle endogène qui reflète nos réalités, mais qui s’appuie sur une réflexion portée de façon inclusive, par toute la population. Ce qu’il faut, c’est utiliser les opportunités qu’offre Internet, qu’offre le cyberespace pour aller vers une démocratie qui écoute plus, qui entend encore mieux, mais aussi qui permet la participation. 

Le Sénégal est actuellement confronté à la question du troisième mandat du président Macky Sall, quelle pression pourriez-vous mettre sur le président pour l’empêcher de briguer un troisième mandat ?

On est en train d’observer un recul en arrière. Aujourd’hui, on peut prendre tout ce que Macky Sall avait dit à Abdoulaye Wade en 2011 lorsqu’il voulait faire un troisième mandat et lui mettre sous les yeux. Et ça va coller à la réalité parce qu’il est en train de commettre les mêmes erreurs que son prédécesseur. Quelle pression peut-on exercer ? Appeler tous les Sénégalais à comprendre que ce pays, nous l’avons construit, que ce ne sont pas les autorités politiques qui sont à la base de ces acquis démocratiques. Si on a mis dehors Abdoulaye Wade c’est parce qu’on a été mobilisé et c’est parce qu’on s’est levé pour préserver nos acquis démocratiques. De la même manière que Abdoulaye Wade ne nous a pas résisté, c’est de cette même manière que Macky Sall ne pourra pas nous résister.

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