Soudan du Sud: les modes de subsistance traditionnels menacés par les conflits agro-pastoraux [2/2]

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                Au Soudan du Sud, la cohabitation entre les éleveurs de vaches et les communautés d’agriculteurs devient de plus en plus difficile dans la partie sud du pays, l’Equatoria. Des conflits meurtriers ont éclaté en début d’année au sud-est de la capitale, Juba, poussant les gardiens de troupeaux issus du Jonglei à repartir vers leur région d’origine. Des milliers d’agriculteurs equatoriens ont, eux, été forcés de fuir leurs villages et se sont réfugiés dans la capitale sud-soudanaise.                </p><div readability="82.904119072343">

                <p>Cela fait cinq jours que les bergers sont arrivés ici, près du village de Nesitu, à une trentaine de kilomètres au sud de Juba. Auparavant installés plus au sud du pays, ils ont été forcés de reprendre la direction de leur Jonglei natal, suite aux violences qui ont éclaté près du village de Magwi fin février.

À écouter également : le 1er épisode, « le bétail comme source de survie et de conflits »

Mayen Kur Jok est le chef de ce camp de bétail. Il déplore leur situation actuelle : « Nous avons beaucoup de difficultés. Les maladies qui tuent notre bétail ont commencé à Bor et nous sommes venus avec. Et une fois installés là-bas, nous avons été attaqués par les habitants de la zone de Aru Junction. Donc, on a dû venir ici. Nous n’avons pas de bâches et pas de couvertures, pas de traitement pour nos vaches malades. »

Selon les rapports des médias locaux, des fermes et des villages equatoriens ont été attaqués par les bergers. Des accusations que Mayen Kur Jok rejette en bloc : « Quand on était là-bas, on avait construit un enclos pour empêcher nos vaches et nos chèvres d’aller dans les potagers des communautés alentour. On vivait en harmonie avec elles. Ces accusations sont des mensonges pour pousser le gouvernement à nous chasser. »

À Gumbo Camp, le seul espoir : l’aide humanitaire

À l’ombre des grands manguiers de Gumbo Camp, sur la rive est du Nil, à Juba, les femmes déplacées par les violences n’ont rien d’autre à préparer aujourd’hui que des feuilles cueillies aux alentours.

Poni Sijario est agricultrice. Elle a fui son village à cause des attaques des bergers au sud de Juba. « Pendant quatre ans, nous avons vécu en harmonie avec les bergers du Jonglei, raconte-t-elle. Nous étions comme des voisins. Il n’y avait aucun problème pour aller au marché. Puis, ils sont partis vers Agoro, et là-bas, il y a eu des combats. Leurs femmes, leurs enfants et leurs jeunes ont été tués. Ils sont revenus ici très en colère pour se venger. Ils nous ont dit qu’on soutenait ceux qui les ont attaqués. Mais nous, on ne sait pas comment tout ça a commencé. Ça nous a fait peur. Il y a eu des morts. Les femmes ont été maltraitées. Nous avons donc fui. »

Comme elle, environ 8 000 personnes se sont réfugiées ici après avoir fui leurs villages au sud de Juba. Et ce, alors que les pluies viennent de commencer au Soudan du Sud : c’est le temps où l’on prépare les champs pour planter. Mais pour ces paysans équatoriens déplacés, l’aide humanitaire est aujourd’hui le seul espoir, jusqu’à ce qu’il soit possible de retourner cultiver leurs terres.

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