Soudan: les manifestants redescendant la rue au lendemain d’une journée sanglante

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                L'ONU exige une enquête indépendante sur les meurtres commis dans le cadre des manifestations de jeudi, qui ont fait neuf morts selon le dernier bilan. La plupart des victimes ont été touchées par balle, ce qui a provoqué une volée de condamnations de la communauté internationale. Et malgré cela, des cortèges ont à nouveau défilé ce vendredi à travers le pays pour demander le départ des militaires, qui ont pris les pleins pouvoirs il y a huit mois.                </p><div readability="83.48581255374">

                <p>Jusque tard dans la nuit des manifestations éparses et des rassemblements se sont tenus un peu partout dans la capitale, rapporte notre correspondant à Khartoum <strong>Eliott Brachet</strong>. Alors que 9 personnes ont été tué la veille par les forces putschistes, la journée de vendredi était placée sous le signe de la colère. Mais aussi du recueillement. Après la prière du vendredi, et une fois les dépouilles enterrées, un sit-in a été improvisé  dans le quartier populaire d’al-Daeim au sud de Khartoum, en hommage aux « martyrs de la révolution ».

Une foule immense s’est réunie devant l’hôpital al-Jawda, où un manifestant, natif du quartier, est décédé vendredi d’une balle dans la tête. Toutes générations confondues, sous le choc, des milliers de personne dénonçaient la répression extrême menée par les autorités. 

La journée de vendredi était aussi le théâtre d’une vague massive d’arrestations, sans précédent peut-être depuis le coup d’Etat. Les avocats parlent de centaines de détenus sans qu’il soit pour le moment possible de donner un chiffre exacte.


Beaucoup de gens ont étés arrêtés. Des hommes, des femmes et des enfants… Nous avons pu en voir certains. Ils ne sont pas tous détenus aux mêmes endroits, certains sont à la prison de Soba, les femmes elles sont à la prison Taibat. Nous avons pu confirmer que 48 femmes ont été arrêtées, à peu près 300 hommes et 20 mineurs… Tous ont été arrêtés pendant la manifestation et brutalement battus ; certains n’arrivaient même pas à marcher.

Samier Ali Makeen, du collectif des avocats d’urgence

Des véhicules de la police et des services de renseignement ont quadrillé la ville toute la journée, arrêtant jusqu’aux simples passants considérés comme des fauteurs de troubles et effectuant des raids aux domiciles de militants. Samedi après-midi, avocats et militants prévoient une manifestation pour demander la libération immédiate des personnes détenues.

Malgré la répression, le « mouvement se poursuit »

Pour ce 2e jour consécutif, l’objectif de manifestants était d’installer un sit-in au palais présidentiel, comme en 2019, ce qui avait fait tomber le président Omar el-Béchir. Malgré la répression qu’ils subissent, les manifestants restent plus que jamais déterminés à faire partir le régime militaire, explique le chercheur Roland Marchal. « En dépit de mois de répression violente, des manifestations et de centaines d’arrestations, le mouvement est capable de continuer. La question qui est posée pour les analystes, c’est : bon d’accord, ça continue mais pour quel avenir ? Mais le mouvement de résistance et d’opposition existe aujourd’hui comme il existait hier et ce malgré la répression. »

Difficile de savoir combien de manifestants sont descendus ce vendredi matin dans le centre. Les communications sont toujours très perturbées. Différentes sources évoquent plusieurs centaines, peut-être plusieurs milliers.

Depuis le coup d’État du 25 octobre, il y a eu officiellement 113 victimes dans la répression des manifestations et des milliers de blessés.

À lire aussi : Soudan : encore une journée de manifestations meurtrières à Khartoum

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