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Autoportrait du photographe Omar Victor Diop.

C’est un continent en quête d’une image plus conforme à ses réalités. Chacun a sa représentation, sa reconstruction de l’Afrique. Un décalage de représentations que l’historien Mamadou Diouf n’en finit pas d’observer depuis l’Institut d’études africaines qu’il dirige à la School of International and Public Affairs de l’université Columbia à New York (Etats-Unis).

A chaque rentrée, cet analyste des mutations politiques et sociétales du continent africain pose cette même question de ce qu’est pour eux l’Afrique à ses étudiants ; et chaque fois lui revient une foule d’images préconçues. Celles-ci révèlent comment cette zone géographique est présente dans nos imaginaires, certes, mais aussi comment « la représentation qu’on en a comme Africain est complètement décalée de l’image que les autres en ont ».

Pour celui qui croise les regards historique, sociologique et anthropologique, pas de doute, la présence de l’Afrique est reconstruite « pour avoir été trop longtemps effacée ou remisée » dans les coulisses de l’Histoire.

A l’occasion de la sortie de L’Atlas des Afriques, réalisé conjointement avec l’hebdomadaire La Vie, Le Monde Afrique a voulu interroger ces représentations du continent dans une web-conférence baptisée « Les images de l’Afrique ». Un moment de discussion qui a réuni Mamadou Diouf, le photographe sénégalais Omar Victor Diop et l’historien-géographe Jean Sellier, conseiller éditorial de l’atlas.

Ce dernier, auteur des Atlas des peuples (aux éditions La Découverte), a d’ailleurs confié, lui aussi, avoir grandi avec des images toutes faites qu’il lui a fallu déconstruire. Notamment « celle d’une carte avec l’Afrique du nord d’un côté, la zone subsaharienne dessous et le Sahara entre les deux ».

Par la variété de ses cartographies, L’Atlas des Afriques a bien évidemment fait le pari de positionner autrement ce continent. Et celui qui se définit comme un « passeur » entre les historiens et géographes spécialisés et le grand public y a veillé, trop conscient des schémas réducteurs qui nous emprisonnent.

Cet Atlas veut mettre en exergue les richesses historiques de ces 30 millions de kilomètres carrés, leur contribution à l’histoire du monde, mais aussi les dynamiques traversant un continent qui se projette déjà dans le XXIIe siècle. Ce choix traduit en cartographies pourrait s’apparenter, toutes proportions gardées, à la démarche qu’Omar Victor Diop met en œuvre dans sa photographie.

« Ma mission est de minimiser le décalage entre ma réalité africaine et ce que d’autres pensent de l’Afrique, explique-t-il. C’est un travail militant que je dois à mon peuple. Un travail décomplexé dont je ne fais pas une croisade. Il y a un intérêt croissant pour la chose africaine, mais je veux m’assurer qu’on s’y intéresse pour de bonnes raisons. » Le photographe ajoute qu’il « ne cherche pas à séduire mais à informer et à émouvoir ». Exactement le pari de L’Atlas des Afriques !

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