Tara Océan analyse les micro-plastiques du fleuve Gambie

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                La goélette de Tara était de passage sur le fleuve Gambie la semaine dernière. L’occasion de réaliser les tout premiers prélèvements de micro-plastiques dans un fleuve africain. Pour la fondation, c’est aussi l’une des dernières étapes de la mission sur les microbiomes marins, après un départ de Lorient en octobre 2020.                </p><div readability="108.97041062802">

                <p><em>De notre correspondant à Banjul,<strong> </strong></em><strong>Milan Berckmans</strong>

À bord du bateau de la fondation Tara Océan, Jean-François Gighlione, chercheur du CNRS au laboratoire d’océanographie microbienne de Banyuls-sur-Mer, lance un grand filet à l’eau. « Donc là, on a le filet manta, c’est un filet d’une taille de 330 microns, c’est un demi millimètre, à peu près », explique le chercheur.

Après une dizaine de minutes à la surface de l’eau, le filet en forme d’entonnoir remonte. À son extrémité, une boîte cylindrique qui doit permettre de capter les micro-plastiques pour 10 000 litres d’eau. « On voit l’eau à l’intérieur du collecteur, là, ben ça fait des années que je fais des échantillonnages un peu partout dans le monde, et une fois qu’on ouvre ce collecteur, on n’a pas vraiment de surprises en fait, on va forcément retrouver du plastique », affirme Jean-François Gighlione.

À l’intérieur du bateau, l’expert en micro-plastiques nous emmène dans un petit laboratoire. Ici, les échantillons d’eau prélevés dans le fleuve Gambie sont scrutés à l’aide d’une loupe, pour détecter le moindre petit bout de plastique, qui est ensuite isolé pour une analyse plus fine. Ces plastiques, ainsi que les eaux récoltées, serviront à de nombreux projets de recherche en France, en Europe, aux États-Unis, mais aussi en Afrique.  

Premier constat pour Jean-François Gighlione : alors que les eaux les plus polluées contiennent entre 100 et 200 micro-plastiques par 10 000 litres d’eau, les eaux du fleuve Gambie en contiennent moins. Mais ces déchets n’ont pas encore été fragmentés. « Ici, on en a trouvé une vingtaine à l’estuaire, et quand on est allés à Kaur, qui est plus en amont du fleuve, on en a trouvé deux. Ça montre que peut-être la fragmentation n’a pas eu le temps de se faire encore. »

À bord du bateau également, Famara Jarju représente l’autorité maritime gambienne. Pour lui, les données récoltées sont essentielles pour son pays. « La rivière est vraiment centrale pour nous, nous avons besoin de mieux comprendre ce qu’il s’y passe : le niveau de salinité, la quantité de micro-plastiques. Cela va aider les Gambiens pour savoir quels types d’activités ils doivent mener dans la rivière. »

Avec le passage de la fondation Tara, c’est la toute première fois que des données sur les micro-plastiques sont prélevées dans le fleuve Gambie. Mais comme l’explique Jean-François Ghiglione, les échantillonnages réalisés en quatre lieux du fleuve ainsi que dans l’estuaire ne sont qu’un début, pour pouvoir réellement interpréter ces données, il faudra revenir et réaliser d’autres échantillonnages dans le futur. 

Après deux ans autour de l’Amérique du Sud et de l’Afrique, la mission sur les microbiomes marins de Tara prendra fin au mois d’octobre, avec un retour à son port d’attache de Lorient. D’ici là, l’équipage réalisera sa dernière étape scientifique à Dakar, avec une autre étude des micro-plastiques – notamment – du fleuve Sénégal.

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