Tchad: deux chefs rebelles reviennent d’exil avant l’ouverture d’un dialogue national

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                Ce sont deux grandes figures de la rébellion des dix dernières années qui sont rentrés à Ndjamena ce jeudi pour participer à l’ouverture du dialogue national inclusif qui s’ouvre ce samedi. Timan Erdimi (67 ans) et Mahamat Nouri (75 ans), deux chefs rebelles au parcours politique similaires.                 </p><div readability="92.04927417706">

                <p>Ces <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220818-tchad-le-chef-rebelle-timan-erdimi-de-retour-à-ndjamena" target="_self" rel="noopener">deux personnalités</a></strong> ont été proches de deux anciens présidents, rappelle notre correspondant à Ndjamena, <strong>Madjiasra Nako</strong>. Mahamat Nouri est un des premiers compagnons de Hissène Habré dans les années 1970 quand celui-ci combattait le régime de François Tombalbaye. Pendant le règne de Hissène Habré 1982 à 1990, il compte parmi ses principaux collaborateurs. 

Timan Erdimi lui a accompagné Idriss Deby dès son arrivée au pouvoir en 1990 et l’a aidé à mettre en place le système politique qui dirigera le Tchad pendant plus de trente ans. 

Au milieu des années 2000, les deux hommes, devenus des personnalités importantes du régime d’Idriss Deby, se rebellent contre le troisième mandat que le président s’apprête à briguer et créent deux mouvements rebelles à partir du Soudan. Ils forment alors une coalition et arrivent aux portes du palais présidentiel mais sont repoussés in extremis. 

Vaincus militairement en mai 2009, ils partiront en exil : Mahamat Nouri en France, et Timan Erdimi au Qatar. 

Depuis février 2008, c’est la première fois que les deux hommes foulent à nouveau le sol de Ndjamena cette fois-ci, sans armes à la main. 

L’ouverture d’un dialogue promis comme inclusif

Pourquoi ces retours sont-ils symboliques alors que nous sommes à quelques jours du début du dialogue national ? Réponse avec Hoinathy Remadji, chercheur principal pour l’Institut d’études de sécurité. 


Ce retour est symbolique, mais en même temps, c’et une suite logique de l’accord qui a été paraphé par ces mouvements à Doha. Il était de bon aloi que les leaders de ces mouvements rejoignent le processus de dialogue en ce rendant à Ndjamena comme ils l’ont fait. De la part du gouvernement de transition, c’est aussi une manière de montrer de la bonne volonté […] Si l’on considère le poids de ces mouvements, les avoir autour de la table est important. […] Il ne faudrait pas que l’on limite ce dialogue à la présence des politico-militaires. Ce dialogue est pensé comme un dialogue inclusif allant bien au-delà des politico-militaires. Il y a dans ce pays d’autres mouvances qui ont pris d’autres chemins de contestation.

Alors que le dialogue entre l’opposition civile, les groupes rebelles et la junte au pouvoir doit s’ouvrir ce samedi à Ndjamena, la plateforme Wakit Tamma maintient sa manifestation prévue ce vendredi, au même titre que les partis politiques Les Démocrates et l’Alliance pour la démocratie, l’intégrité et la liberté, et d’autres. Les autorités avaient décidé d’interdire cette manifestation arguant que la demande d’autorisation n’a pas été déposée dans la durée légale. « C’est faux », réplique Max Loualngar, coordinateur des actions citoyennes Wakit Tamma. Il affirme que les manifestants seront dans la rue tant que le dialogue ne sera réellement inclusif.


Le pouvoir s’est obstiné à maintenir le dialogue avec un quota taillé à sa mesure, reprenant pour l’essentiel les anciens ténors du régime défait. Donc si [ce dialogue] est souverain, ce serait la souveraineté de ces 1400 personnes contre le peuple tchadien. On se serait attendu que dans cette transition, les décisions soient prises de façon consensuelle. Or, c’est un diktat sans borne depuis le 20 avril 2021. À défaut d’être dans la salle, nous serons dans la rue.

Max Loualngar: «ce dialogue n’est nullement inclusif»

À la tête du parti les Transformateurs, membre de Wakit Tamma, Succès Masra estime lui aussi que la plupart des participants au dialogue sont des proches de la junte : « On ne peut pas être juge et partie », affirme-t-il à RFI. Il salue le progrès réalisé de la part du pouvoir qui garantit que le dialogue et les résolutions qui en découlent sont souveraines, mais pour lui cela reste insuffisant, il ne désespère pas de pouvoir intégrer le dialogue. 


La souveraineté sans un contenu en termes de participants est une souveraineté vidée de son sens, d’où notre demande de compléter cette souveraineté

Félix Nialbé Romadoumngar, l’ancien chef de l’opposition au Parlement tchadien, président de l’Union pour le renouveau et la démocratie (IRD), souhaite la sincérité de tous les participants au dialogue et n’exclut pas d’intégrer ultérieurement ceux qui ne participent pas.


La décision du gouvernement de rendre souverain le dialogue national est à saluer et j’encourage les dirigeants à rendre effectif le respect de ce qu’ils disent. Il faudra que les résolutions de ce dialogue soient respectées. C’est ce qui pourra mener le pays vers une stabilité.

Félix Nialbé Romadoumngar

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