Tensions entre la RDC et le Rwanda: les appels à la désescalade se multiplient

tensions entre la rdc et le rwanda: les appels à la désescalade se multiplient 62ae7d0b8f675.jpeg
tensions entre la rdc et le rwanda: les appels à la désescalade se multiplient 62ae7d0b8f675.jpeg

Publié le :

                Depuis que les violences entre le mouvement rebelle du M23 et l'armée congolaise se sont intensifiées dans l'est du pays, les discours de haine fusent et la tension ne faiblit pas entre Kinshasa et Kigali. Mais de nombreuses voix s'élèvent pour appeler à l'apaisement et à la désescalade. Le président kényan Uhuru Kenyatta s'est dit « inquiet », et s'apprête à accueillir dimanche 19 juin une réunion des commandants des forces de défense de la communauté est-africaine, que la RDC a rejoint récemment.                </p><div readability="88.797874289903">

                <p>La <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220617-fusillade-à-la-frontière-rwando-congolaise-kigali-tente-l-apaisement" target="_self" rel="noopener">tension peine à retomber</a></strong> entre la République démocratique du Congo (RDC) et le M23. Les appels à l'apaisement et les discours se multiplient pour que les civils ne paient pas les frais des paroles de haine.

L’abbé Donatien Nsholé, secrétaire général et porte-parole de la Commission épiscopale nationale du Congo (Cenco), a déploré l’escalade de la violence et souhaite que les derniers événements n’abîment pas les relations entre les peuples de la RDC et du Rwanda, accusé de tirer les ficelles du mouvement rebelle. Il a pris la parole samedi 18 juin en marge du colloque sur le « Vivre Ensemble », organisé par l’archevêque de Lubumbashi, au micro de notre correspondante Denise Maheho.


Il n’y a pas longtemps, le président de la CENCO a lancé un message dans lequel il invitait tous ceux qui sèment la désolation à l’Est, particulièrement à Goma, de cesser avec les armes. La violence ne sera jamais une solution à nos contentieux. Il y a d’abord le devoir de se convertir, car qui tue pèche et donc il doit se convertir. Il y a aussi le devoir de dialoguer quand c’est nécessaire. Mais ce qui me fait craindre personnellement, c’est cette tendance à l’inimitié qui commence à croitre entre les Congolais et nos frères voisins. Donc, il ne faudra pas que nos revendications puissent prendre le dessus sur la Parole de Dieu, qui nous invite à «Vivre ensemble».

Donatien Nsholé, secrétaire général et porte-parole de la Commission épiscopale nationale du Congo (Cenco), déplore l’escalade de la violence à l’est de la RDC

Bintou Keita, la cheffe de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC, a quant à elle pris la parole pour rappeler sa préoccupation face à la violence des propos tenus au sujet de la crise dans l’est du pays :

Les discours de haine empreignent de la violence et nous divisent. Tournons le dos au racisme et à la xénophobie, ne cédons pas aux discours incendiaires qui n’ont que trop nourri la violence, là où, au contraire, nous devons renforcer la cohésion et le vivre ensemble.

 À lire aussi : Quelles conséquences économiques après la suspension des accords entre Kinshasa et Kigali?

Le Pole Institute, à Goma, tire la sonnette d’alarme sur la stigmatisation d’une communauté : il dénonce une « propagande haineuse » et parle d’une « évolution » qui doit être « prise au sérieux ». Pour le secrétaire général des Nations unies, « les discours de haine sont un danger pour tous et c’est notre devoir à tous de les combattre ».

            <div id="em-WBMZ182950-RFI-FR-20220618" class="m-em-flash" readability="7.0200892857143">
                    <blockquote class="twitter-tweet" readability="8.2589285714286"><p lang="fr" dir="ltr">La lutte contre les discours de haine est l’affaire de tous, le gouvernement, la société civile et, en premier lieu, chacun et chacune d’entre nous. ⤵️ <a href="https://t.co/JzQqQ2d9Hn">pic.twitter.com/JzQqQ2d9Hn</a></p>— MONUSCO (@MONUSCO) <a href="https://twitter.com/MONUSCO/status/1537056309706731520?ref_src=twsrc%5Etfw">June 15, 2022</a></blockquote> 
                        <figcaption class="m-em-flash__legend">
                <span class="a-media-legend">

                </span>
            </figcaption>
                </div>
<h2>Le Kenya et l’Ouganda appellent aussi au calme</h2><p>À Nairobi, une réunion des commandants des forces de défense de <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220408-communauté-d-afrique-de-l-est-félix-tshisekedi-à-nairobi-pour-signer-l-adhésion-de-la-rdc" target="_self" rel="noopener">la communauté est-africaine</a></strong>, que <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220329-la-rdc-fait-son-entrée-officielle-dans-la-communauté-d-afrique-de-l-est" target="_self" rel="noopener">la RDC a rejoint récemment</a></strong>, doit avoir lieu à Nairobi dimanche 19 juin. L’objectif étant de finaliser les préparatifs pour le déploiement d’une force régionale dans l’est de la RDC, force dont la création avait été annoncée en avril.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a demandé cette semaine son activation. Dans un communiqué, il s’est dit « inquiet » des dernières tensions entre Kigali et Kinshasa, qui risquent, selon lui, de menacer les consultations entre le gouvernement et les groupes armés congolais, ouvertes à Nairobi en avril, pour rétablir la paix dans l’est du pays.

La communauté est-africaine, et notamment le Kenya et l’Ouganda, veulent également préserver ce processus, comme l’explique Jason Stearns, directeur du Groupe d’étude sur le Congo à l’Université de New York, joint par notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard :


Il y a de plus en plus de tensions entre trois pays de cette communauté de l’Afrique de l’Est – le Rwanda, l’Ouganda et le Congo – Et je pense que ces tensions-là inquiètent la communauté en général. C’est une des raisons pour laquelle elle veut, et Kenyatta en particulier, s’investir. En dehors de celà, il y a certainement des intérêts politiques aussi. Uhuru a des élections à venir, ça fait partie de son intérêt de se promouvoir et de laisser ça derrière lui quand il quitte le pouvoir. Au-delà de cela, le Kenya est de plus en plus en train de se projeter en RDC, politiquement et surtout économiquement : il y a des investisseurs kényans qui sont prêts à aller en RDC, c’est un endroit très intéressant économiquement pour eux. L’Ouganda, évidemment, veut aussi éviter une escalade des tensions avec son voisin, le Rwanda. Donc de part et d’autre, il y a des intérêts à créer un nouveau processus politique qui pourrait décanter la situation en RDC.

Pour Jason Stearns, directeur du Groupe d’étude sur le Congo à l’Université de New York, «il y a aussi des intérêts politiques» dans l’intervention de Nairobi à la crise congo-rwandaise

Au-delà de cette réunion des chefs militaires, un sommet des chefs d’État régionaux devrait se tenir dans la capitale rapidement.

            </div>
Total
14
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :