Tunisie: le président promet de nommer un gouvernement et de réviser la Constitution

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Toujours pas de feuille de route en Tunisie, mais les contours du projet de Kaïs Saïed commencent à se dessiner. Après avoir instauré l’état d’exception, le 25 juillet dernier, le président souhaite désormais modifier la Constitution de 2014. C’est ce qu’il a affirmé, samedi 11 septembre au soir, annonçant, par la même occasion, la formation prochaine d’un gouvernement.

Avec notre correspondant à Tunis, Matthias Raynal

En plein cœur de la capitale, sur l’avenue Habib Bourguiba, le président s’est offert l’un de ces bains de foule qu’il affectionne. S’adressant à ses partisans et à une poignée de médias, Kaïs Saïed a précisé ses intentions. Il semble évoquer la piste d’amendements pour la Constitution.    

 « Il faut faire des modifications dans le cadre de la Constitution. Les constitutions ne sont pas éternelles, elles peuvent être changées ! Il faut que les modifications conviennent au peuple tunisien, parce qu’après tout, la souveraineté lui appartient », a-t-il déclaré. Et pour faire adopter ses révisions constitutionnelles, Kaïs Saïed pourrait donc recourir au référendum.

Le chef de l’État serait aussi sur le point d’annoncer la formation d’un gouvernement : « Je veille au choix des personnes, que les personnes désignées soient intègres, loyales, ne trahissent pas leurs promesses », a-t-il ajouté. Il y a sept semaines, M. Saïed s’arrogeait tous les pouvoirs exécutifs, et gelait l’activité du Parlement.   

Levée de boucliers

L’annonce du chef de l’Etat a provoqué une levée de bouclier de nombreux partis politiques. Ennahdha bien sûr, mais aussi des formations qui avaient salué certaines initiatives du président comme le Courant démocrate. Dimanche soir, plus de 1 500 personnes, parmi elles des activistes, mais aussi plusieurs députés avaient signé une pétition en ligne pour dénoncer les menaces qui pèsent, affirment-elles, sur la loi fondamentale.

L’opposition qui doit le plus inquiéter le chef de l’Etat est sans doute celle de l’UGTT. La puissante centrale syndicale n’est pas d’accord sur la méthode. Elle a appelé à des élections législatives anticipées pour qu’un nouveau Parlement se saisisse d’une réforme de la Constitution.

Le président est toujours soutenu par quelques partis, mais ses soutiens se trouvent surtout ailleurs, dans l’opinion où Kaïs Saïed reste très populaire. Selon un sondage publié au mois d’août, près de 95% des personnes interrogées disaient soutenir les décisions du chef de l’Etat. 

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