Tunisie: les pénuries de blé et de sucre mettent les boulangers en difficulté

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                Les pénuries de denrées de première nécessité se poursuivent. Cela fait des mois que le pays, surendetté, connaît des difficultés pour s’approvisionner en blé et désormais en sucre sur les marchés mondiaux. En première ligne, certains boulangers craignent désormais de devoir fermer boutique.                </p><div readability="75.60510155881">

                <p><em>Avec notre correspondante à Tunis,</em> <strong>Amira Souilem</strong>

Le regard un peu désespéré, Ali Ben Jalleb nous mène dans l’arrière-boutique de sa boulangerie. Quelques dizaines de sacs de farine y sont entassés.

« On va pouvoir tenir deux-trois jours avec cette farine. Il y a presque deux tonnes, là. Je demande à mes fournisseurs “mais pourquoi vous ne me ravitaillez pas ?” Ils me répondent “parce que l’office de céréales ne nous donne pas de blé”. Cela m’est arrivé de fermer boutique pendant 28 jours à cause de ça. »

Habituellement, 4 000 baguettes sortent de ces fours. Quand il peine à s’approvisionner en farine, Ali réduit du tiers sa production. Autant de manque à gagner. « D’habitude, on reste ouvert jusqu’à 20h30 voire 21h, mais en cas de pénurie de farine, la dernière fournée est à 17h30. On arrête tout, sinon on est obligés de fermer toute la fin de semaine. On est en train de perdre des clients. »

Et pour compliquer un peu plus la situation, ses fournisseurs exigent désormais de lui qu’il se déplace pour récupérer ses stocks de farine. Alors que les prix du carburant ont augmenté, l’heure est aux économies : « On n’a pas le choix, si on refuse, les autres boulangers accepteront de le faire. Alors, tu n’as plus que deux possibilités : fermer boutique ou accepter de prendre le transport à ta charge. Mais à la limite, si le fournisseur nous donnait dix tonnes de farine, ça irait encore, mais là, on parle d’une tonne ou une tonne et demie seulement. »

Après le blé, c’est désormais le sucre qui vient à manquer en Tunisie. L’activité de la pâtisserie d’Ali est désormais au ralenti, elle aussi. Inquiet, le boulanger explique qu’il craint plus que tout une hausse du prix de la farine dans les semaines à venir. Celle-ci équivaudrait à une « condamnation à mort » des boulangers tunisiens selon ses termes.

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